Janvier…

•4 janvier 2013 • Laisser un commentaire

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Il grêle des frimas glacés sur mes souvenirs. Des lames acérées pénètrent lentement les fragments séchés de ce matin de janvier. À la surface effritée des années mortes, ayant défilé sans nuances comme de petites âmes mortes, éteintes. Des heures additionnées, sans leurres. Des traces d’amertume envolées. C’était doux. Comme un désir champagne qui se glace aux embruns de janvier. L’embrasure était fine, à peine perceptible, il n’aurait suffi que de l’ignorer pour rendre agréable la suite des jours.

Odeur tertiaire, triomphe du sens de l’observation sur peau de mythes enrubannés de vertiges et de souffles fugaces. Ode aux rictus de Troie. Pièges à princesses, à feu dans l’envie de se perdre dans cet écume de sueur fauve. Les mots sont fébriles, il neige à l’ouest de la rue Saint-Laurent. Boulevard des crépuscules d’hiver. Je pile sur des lacs de poussière. Ses parfums se consument. Si les traces s’effacent, elles ne se dissipent guère  et la douceur des transats m’effraient.

Si le rêve se souhaite éphémère, l’intensité des charmes se trace une brèche cristalline dans le paradigme éphéméride. Il y aura. Il n’y aura sans doute pas. Les presciences conservent férocement le secret de leurs envies. Des songes d’autrefois se créent et les images s’accélèrent pour se vautrer tremblantes dans le creux brûlant de sa chair organique. Irrationnellement.

MFL

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Vertiges…

•13 décembre 2012 • 4 commentaires

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Briser, entrouvertes les portes. Tant d’effluves vertigineuses offertes et intouchables. Il ne fallait pas me promettre d’atténuer la douleur, mais bien geler les indices aléatoires du sentiment envahissant. Ne pas chercher de traces, partir vers l’ensemble entendu, porter ses verres hors-soleil et scintiller à la surface partielle des  mythes. Loin des vents, contraints  et écarlates. Ombre faible, à demie couverte  pour retenir son souffle et hérisser à ciel les décevantes illusions. Bordée de plumes allergènes, elle regardait ce délire étrange qui l’habitait, la tenaillant de plus en plus. Infiniment. Il ne fallait pas succomber.

MFL

Esquisse électorale…

•27 août 2012 • Un commentaire

Je ne peux plus faire de trêve à sens unique. Trop de choses à dire, trop de mythes qui se bousculent entre mes deux oreilles. Ça tourne un peu parfois. Il y a ce que j’étais, ce que je pensais. Des certitudes qui se permutent au gré des aléas de la vie. De l’urgence  de poser des gestes. Puis. il y a l’instinct, l’instinct qui ne m’a jamais trompé. Cette force fragile qui sait pertinemment où va se jouer le salut de mon humble pays.

Des notes de subjectivité désarmantes tombent une à la fois sur la toile de mon parapluie. Elles « tambourinent » des évidences et leurs oppositions. Des vérités qui s’effritent   comme des infidélités négligées. Comme tant de petits gestes qui ne comptent peut-être pas autant que nous voudrions. On le quadrillera plus tard… On garde le motif en mémoire. Mais quand? Autant de définitions d’une même idée que de contre définitions de son contraire.

Les rêves s’affichent démocratiques mais ils heurtent. Ils s’entrechoquent. Je me méfie de celui qui s’en prend à ses alliés, à ses amis pour atteindre le pouvoir. La sagesse n’est-elle pas dans le compromis idéologique. Pourquoi aurais-tu l’exclusivité sur la manière dont je souhaite m’émanciper nationalement parlant. Aime-moi parce que je marche dans la même direction, aide-moi parce que je te tends des briques. Construisons.

Au pire de la crise, tu me prenais la main dans les manifestations car nous courrions vers les mêmes espoirs. L’ennemi avait un visage. La coalition était forte. Aucun mirage, une lutte. Synchronisée. Ton petit carré rouge, prenait plusieurs visages. C’est pour ça qu’il était si fort. C’est pourquoi il faisait si peur à ses détracteurs. Avant même qu’on ne déclenche officiellement les hostilités électorales tu t’es isolé. Pas d’alliance, pas de cadeaux, pas de stratégies. Que toi devant l’ennemi… C’était arrogant, j’ai eu peur. Mais quand je vois à quel point cette suprématie s’estompe, ce regard effrayé, ces tentatives du désespoir en transformant tes alliés en ennemi à abattre, je le sais que tu crains le pire. Mais je suis certaine qu’au fond de toi, tu le sais que tu es le seul à blâmer… La lutte sera serré. Peut-être auras-tu appris de tes erreurs? J’ose l’espérer car nous aurons besoin de toi comme tu auras besoin de tous les rêveurs pour le mener à terme cet idéal collectif.

J’ai des frissons qui dansent sur ma peau quand je retrouve l’espoir qu’un jour, ce pays juste, égalitaire, et démocrate existera. Ce sera une réussite collective. Le copyright sera collectif. Les œufs que nous auront cassés aussi seront partagés. Les voiles sont lancées, la mobilisation semble venter sur le large. Les embarcations suivront tranquillement le courant ambitieux de l’infiniment grand.

Parmi les humains il y a ceux qui risquent, ceux qui s’unissent et ceux qui nous trahissent. La stratégie oui, mais pas la stratégie à tout prix… Mais surtout pas n’importe quelle stratégie. Car en autres cas nous l’aurons notre grève sociale. Orage de certitudes et de buffet de l’improbable. Partir pour mieux revenir. Reculer pour mieux sauter. Une merveilleuse liste de clichés. Les clichés n’ont pas toujours tort. Les absents si. Ton objectivité viendra de ton recul. Va voir ailleurs sur quelle musique on danse. Les idées et les espoirs y fourmillent. Les différents angles aussi. C’est sans doute là que tu trouveras l’énergie pour vaincre. Fracasse tes œillères sur le mur étranger de l’indifférence. Parfume tes mots. Si l’ennemi reprend le pouvoir nous aurons appris collectivement que notre erreur n’était pas de ne pas s’unir pour qu’un d’entre nous prenne le pouvoir, mais de ne pas s’unir pour prendre le pouvoir tous ensemble. Cet automne nous ferons un jardin.

J’aurais tellement envie d’être fière de nous le 4 septembre.

MFL

Tour de nuit…

•12 juillet 2012 • 12 commentaires

L’aube se découpait en silex improbables. À demi nue dans la nuit chaude, des mots réfléchissaient le tour en une historique luminosité, isolés par les nuances fragiles qui coloraient la lune. Leurs écumes nocturnes ne rivalisaient pas avec Vian, se contentant de parfumer les heures en accumulations inespérées. Chacune d’entre elles, maraudé au temps, comme une offrande excitante dans la nuit de Vincent. Étoilée et urbaine. Surprenante. Des heures qu’on ne se donnait plus le droit d’attendre. Des milliers de mots, charnellement gravés du bout des doigts. Chaque lettre voluptueusement effleurée à la lueur simulée de l’ACL. Technologiquement loin. Si près pourtant. Si près des mots que l’on rêve de lire. Comme tant de nuits, comme tant de chimères. Le ciel d’ecchymose esquissait alors en traits fins, des nuances de matin. De petites portes obscures papillonnaient dans le jour discret. L’aurore s’invitait. Comme ils étaient doux les mystères répliqués aux désirs… Et ces silences passionnels… Elle offrait des bulles roses à ces lèvres arides, bercée par le vent satiné qui enjôlait sa peau. Toujours des mots caresses. Écrouée par la peur des fausses joies. Craintive. Hâtive, sur le bitume du matin, à attendre enfin. Ses mots échangés, ses cheveux ébouriffés. Son souffle apparu à la dérobé de l’aube.

MFL

« Refus global … »

•24 mai 2012 • Un commentaire

Bâillonner, museler, censurer. La milice craint les idées. Nous tuons des Sartre pour applaudir des idéologies musicalement douteuses. Des éphémères qui s’accordent sur une seule note, des berceuses collectives et hypnotiques martelées aux heures de grande écoute. Elles se confondent dans une masse hermétique où aucune nuance n’oserait interférer avec l’engourdissement d’un sommeil préprogrammé. Diffusions contagieuses d’hymnes, qui dans l’oreille se feront vers, condamnant toute possibilité pour des concepts « contradictoires » de se frayer une voie. Loin des chaussées. On « Valiumise » on « Dépressionnise ». On amorti, à coup de confiseries pharmaceutiques légales qui plongent des masses humaines dans les abîmes profonds du sommeil permanent où toute possibilité de vigilance se voit amoindri.

Des pluies d’éclairs assourdissants dans des infinis obscurs, loin de toutes réalités tangibles. Quand ton droit au sommeil permanant devient une opinion que tu souhaites légitime. Jadis, c’était une histoire qu’on a collectivement oubliée. L’égocentrisme catapulte des visions obstruées qui avancent sans savoir dans une direction  indivisible. Piètres paradigmes d’insubordinations isolés. Néanmoins certains êtres vivants savent démystifier les maux de l’Histoire. Chasse aux bouquins, vérités misent à l’index. Décapitation des savoirs et optimisation des avoirs. Tentatives malhonnêtes de pervertir le principe de l’offre et de la demande en imposant des offres surexposées créant ainsi des masses de demandes artificielles. Aveuglés. Éblouis. Égarés.

On génère des solitaires isolés, incapables de voir leurs mots éveillés, franchir la barrière de la soumission agréée. S’ils se rassemblent, ces uniques resautés, le danger est imminent. Le son de leurs paroles, si synchronisées, pourrait à lui seul, faire vibrer les nœuds des ficelles hégémoniques patiemment tissées. Les équilibres pourraient valser et des anesthésiés retrouver l’usage de leurs sens. Tel un Truman fonçant directement sur la toile de fond de sa fausse réalité. Les rêveurs amalgamés peuvent provoquer des collisions frontales et enrayer des collusions dissimulés sous une pluie de convergence.

Ils te désinformeront, te transformeront, te frapperont, t’humilieront, te mitrailleront s’il le faut. Ils t’interneront. Oh! Toi qu’ils feront passer pour fou… La folie est dissidence. Les dissidents brisent sans cesse les lignes harmoniques de  l’équilibre savamment esquissé entre les aisés et les dépossédés. Périodiquement si adroit et dérangé sournoisement par quelques  tentatives gauches. La prison s’est fait prière, s’est fait justice puis égalité. La prison se trame ignorance. Encore une fois… La séquence semble éternelle car la mémoire s’égare, puisque le soixante-huit, perdu, s’est permuté en soixante dix-huit, qui se souhaite vainqueur. La seule victoire envisageable se cache dans l’unité. Mais comment rallier l’unité quand on méprise ceux qui pensent ? Comment créer un consentement quand on endosse la violence étatique du néo-libéralisme sauvage ? Tristement, on devient fossoyeur, collaborateur et nous aidons un peu plus à chaque jour à creuser notre propre tombe commune, celle là même qu’on souhaite utiliser pour nous y enterrer vivant. Enfermé sous-toutes les vicissitudes qu’on n’aura pas osé dénoncer.

De toutes les libertés, le savoir est la plus importante, et cesser de la mépriser est une condition sans compromis au refus de mourir. La liberté n’est pas une opinion qui doit diverger, et de ne pas être en accord avec ceux qui ne veulent pas être libres n’est pas un manque de respect envers  leur opinion. Il faut cesser de se laisser mourir. Tuer des idées est un crime abominable et impardonnable. J’écris ces mots au nom des milliers de prisonniers politiques de mon pays, qu’on a fait sous le seul motif qu’ils avaient retrouvé la force de penser et de contester… Résister à l’oppression est la seule manière de faire refleurir l’espoir alors jardinons ensemble des printemps vivaces. réveillons, casserolons, luttons, désobéissons,  révolutionnons, imaginons… Résistons.

MFL

À fleuve bleu…

•3 mai 2012 • Un commentaire

Brisé, cassé, devant le seuil de l’indifférence. Ode oppressive contre le à contre-courant. Au dernier moment il trace des fumées héritières de la tranquille révolution. Sans option, les deux pieds dans les matins de chagrin. Derrière leurs dos, leurs mains noués. Des milliers de pieds dans les aubes synchronisées, debout, marchant. À plusieurs dans l’ombre, doutant, réveillant sans cesse des corps oubliés. Épaves d’un précepte inanimé, d’une doctrine déshumanisée et portant au fleuron utopique des bourgeons roses de l’éclosion intuitive. Demain, concis, peut-être, dans l’amas de blessures bleuâtres, à l’azur exténué, comme tant de guerriers chimériques, ils  marqueront les annales captivantes de ce pays qui naît et meurt sans cesse. Pour enfin naître et ne plus que s’imaginer.

MFL

Clac, clac, clac, clac, clac, clac…

•26 avril 2012 • Laisser un commentaire

Des voix unies dans la noirceur tombante d’un jour sombre. Des chants de paix, des hymnes à l’espoir, des générations qui se confondent dans l’harmonie, dans la colère, dans la colère mais surtout dans la musique. Des pas nombreux et fiers. De longues minutes où se scandent tous les désespoirs d’un autre monde, d’un univers réfuté. Puis des détonations soudaines, puis des cris, puis cette fumée… Ces émanations cauchemardesques venant de tous les coins du monde. Puis des clac clac clac clac clac clac… Puis des milliers d’êtres humains séquestrés, humiliés, bafoués… Puis des larmes, de la vapeur, de la douleur. Mais surtout des milliers d’êtres humains qui se tiennent par la main, criant à tous de rester calme, qui se réconfortent, s’embrassent, se protègent. Et encore des clac clac clac clac clac clac… Foulant agressivement le bitume violé de la justice effacée. Des hommes de loi abusant de leur pouvoir afin de terroriser, de blesser, de brutaliser agressivement leurs semblables au nom de la violence économique. puis des enfants courrant main dans la main tentant désespérément de fuir toute cette horreur, impuissants. Se cachant comme des fugitifs… Prisonniers. Sans issu possible…

Hier soir, nous avons été témoins et victimes d’une tentative grave (planifiée) de terroriser des citoyens pacifiques afin de simplement leur donner la frousse de retourner défendre leurs idées, afin de leur enlever à jamais l’envie d’exprimer leur mécontentement vis à vis le régime en place.

J’espère rêveusement que l’idéal pacifique de mes semblables saura toujours venir à bout et triompher des tentatives répressives et désespérées de certains.

Mes yeux brûlent.

MFL