Ils s’appelaient…

Y’avait le monde, le reste du monde, y’avait le cœur du monde, et il y avait nous. Nous minuscules, fragiles, nous, blessés, nous complices. Nous nous sommes connus, mais nous nous sommes surtout reconnus. Rencontre improbable de deux histoires opposées mais qui immédiatement ont fusionné. Le nous passionnés le nous passions, nos passions mais surtout nos rêves. Des rêves enivrants, nés de nuits divines et de poésie insoumise.

Dès lors je t’ai manqué, il t’a suffit de quelques minutes pour me retrouver. Nos rêves étaient voyageurs, nos rêves étaient d’or et de silences. Ils consolaient, ils rassuraient, ils brillaient. Il m’ont ramené à la vie. Ils s’appelaient Bruxelles, Marseille, ils s’appelaient Siméon ou Camille. Ils s’appelaient Montréal contre Ottawa. Souvent ils s’appelaient dans la nuit que pour entendre le son de nos voix… Parfois ils s’appelaient même Gilbert Sicotte.

Ton désir vrai, me plaquait contre un paroi, un mur, un immeuble, afin de me surprendre d’un doux baiser inattendu, mais sans contrôle, sans pudeur, sans compromissions, faisant fit de la vie qui persistait à vivre autour de nous. Ivre de tes mots, de tes bras, de tes soupirs, j’ai cédé, abandonné. Je la voyais pourtant cette peur, toujours dessinée au coin de tes yeux, cette larme qui coulait sombrement, discrètement, je t’entendais penser, je te savais avoir peur de rester, je te sentais fuir toujours, te fuir avant tout, me fuir aussi. Pourtant, je savais que nous avions la force tranquille et la patience, de construire des forteresses, des abris contre le temps, contre les angoisses, contre les heures noires. Je transportais chaque pierre sagement, doucement. Plus les pierres se dressaient, plus tu craignais que les murs de la liberté partagée se ne transforment en barreaux de prison.

Et pourtant, quand j’avais le dos tourné, tu échafaudais toi-même les pierres de cette relation qu’on tentait de s’inventer. Je regardais les oiseaux partir vers le sud, vers l’est, toujours, ailes brisées, tu les enviais. Certaines heures parfois bleues, s’étoilaient, ivres de nos mots, de ces mots yeux bleus où tu marchais sans cesse vers moi. Ils s’appelaient mon amour, mon espoir, ils s’appelaient, mon avenir et le tien. Il s’appelait le notre….

Nos heures étaient cinématographiques, elles étaient des promesses de longues soirées cinéma vautrés l’un contre l’autre hors du monde, de flûtes de bulles, de voyages… Ils n’étaient que ça, simples, espérés… Comme des êtres qui se comprennent enfin et qui osent à la fin se tenir la main pour partager cette folle odyssée qu’est la traversée des jours qui passent… Complices.

 

Nos jours s’appelaient Rohmer, ils s’appelaient Gilles. Ils s’appellent aujourd’hui, je t’attends.

 

Marie

~ par MFL sur 14 janvier 2011.

5 Réponses to “Ils s’appelaient…”

  1. très très réussi ♥

  2. Sensuelle comme toujours avec des mots juste et tendre à souhait, Avec des frissons…

  3. Wow… quelle merveille ce texte!

  4. Ta sensibilité et ton écriture sont absolument magnifiques.

    Dommage tout de même que ce soit souvent la douleur qui fasse écrire de cette façon…😦

  5. Toujours cette solitude, immense, illisible.

    Est-ce rêve ou vie tout simplement protégés contre le Monde entier

    « Je transportais chaque pierre sagement, doucement. »

    « Le nous passionnés le nous passions, nos passions mais surtout nos rêves. Des rêves enivrants, nés de nuits divines et de poésie insoumise »

    Pure merveille, mais cela je dois te l’avoir déjà dit, de te lire.

    Merci
    Yves

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