Détonations en sol dièse…

Je suis un baromètre friable lorsque se pointe l’été. Cassante, vibrante et déformante. Ça gazouille fort aux confins des mes âmes entremêlées. Peut-on réellement commencer à exister à 30 ans? J’ai l’âme vague, parce que j’ai trop vu, trop compris et pas vécu. Je serpente les jours à la recherche d’une île qui ne  serait plus isolée, je convoque les mois à venir en une grande mascarade de sortilèges jetées aux esprits malveillants qui tenteraient de briser les rêves de ceux que j’aime, de coups de baguettes lancées aux destins des plumes de lumières, de concoctions de filtres de vérités aux parfums de jasmins et de roses. Bien sûr il y a l’ennemie à démasquer, mais il y aura beaucoup plus difficile, il y aura un choix à faire concernant les masques que je choisirai comme étant les miens.

Je ne me souhaite pas différente, simplement je me souhaite affirmée et libre. Libre de danser et de virevolter dans la poussière urbaine. Jamais confondue à la toile de fond qu’on me supplie d’imiter tel un camouflage humain. Lorsqu’on est explosive, il est impossible de ne pas détonner. J’ai toujours été l’étincelle qui allumait les regards affaiblis pour les projeter vers une suite plus heureuse, qui rallumait les étoiles dans les pupilles assombries… Vers un ailleurs dans lequel je n’avais plus ma place…

J’ignore si je manque mes chances ou si les chances me manquent. Peut-être que, tout simplement, j’aimerais qu’on m’aime moins, mais qu’on m’aime bien. Être aimé tel qu’on est, ne serait-il pas le fantasme ultime? On m’a  toujours aimé idyllique, mais jamais au point de renoncer à me souhaiter une autre, Jamais au point de renoncer à une autre. C’est marrant comme les mots me manquent aujourd’hui, où serai-ce moi qui manque mes mots, mots absents, qui ne se déroulent pas en colonnes bien ordonnées, qui ne défilent pas en  enchaînements harmonieux. Ils s’envolent. Et si je les aime moi les routes en zig zag ? Mon âme est blanche, mais ma magie est noire. On ne fera pas de mal à ceux que j’aime, et on ne m’en fera plus. Et tant pis ce qu’on dira de ça.

Je veux jouer du Ukulélé  blanc sur mes nuits tapissées de lunes. Je veux pouvoir dire, j’ai enfin eu droit d’avoir 30 ans, et de pouvoir rajouter : Maintenant j’existe.

MFL

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~ par MFL sur 25 juillet 2010.

11 Réponses to “Détonations en sol dièse…”

  1. Sache belle Marie que tes masques sont autant d’étoffes cristallines qui te revêt à la fois de force et de fragilité.

    Voilà sans doute pourquoi tu te transforme en fabuleuse princesse dans la grande Mascarade. N’étais-ce pas possible que par une chance fortuite, par un destin dont le chemin t’as été dévoilé par la naissance des courbes d’une lettre, tu puisse voir les autres au-delà de leur loups multicolores.

    Serait-ce envisageable que les visages qui s’élèvent autour de toi tel des décors insipides, ne puissent rien comprendre au dramaturge de ton essence diamantaire!

    Dis-moi Marie, petite ballerine de fleurs de miel et de nacre translucide, dis-moi, puisque que tu danses ainsi en rond sur ton podium divin, ne serais-tu pas la seule à connaître la réalité dans toute la richesse de ses dimensions?

    Je te vois Marie des Lunes, je te vois !!

  2. Wow!!!!!!!!!!!!!!!

    Je suis sans mot! Tu es une étoile qui éclaire chacun de mes mots pour leur donner tous leurs sens, et leur essences…

    Ne jamais posséder les étoiles…

    Julie mon ange Julie!

  3. C’est magnifique. Vous êtes vraiment deux poétesses jusqu’au bout des doigts ! J’aimerais vous faire un baisemain qui durerait des siècles tout en ne vous dérangeant point. Impossible mais vrai si les séquences de vos vies parallèles me laissent être votre chevalier errant sur les routes douteuses des fomentations obscures. Arriverais-je au bout de ce rang dérangé par les vaches blanches et noires aux énormes pis lourds de lait sans lactose ?
    Je me le demande et redemande sans fin dans une chaîne de réactions primaires et puériles.
    La poudre noire fera détonner le plastic militaire qui plonge dans les veines impures des conservateurs à tout poil et permettra la vidange du corbeau dans le nid de l’enfance.
    Voilà tout le chemin parcouru, les sangles attachées à l’humus de ma vie !
    Bravo encore ! 🙂

  4. On prend un verre à l’enfance?

  5. d’ac!

  6. Superbe billet, encore une fois!

    « Peut-être que, tout simplement, j’aimerais qu’on m’aime moins, mais qu’on m’aime bien. »

    À méditer…

    « Je veux jouer du Ukulélé blanc sur mes nuits tapissées de lunes. »

    Wow! 🙂

  7. Tu n’es pas encore morte.

  8. Loin de là, en fait!

  9. c’est tres touchant de lire tout tes pensées, tu es vraiment une fleur qui a besoin de prendre soin d’elle et de la proteger de tout mal , et tant qu’on ait vivant , on a toujours de l’espoir pour vivre les beaux et merveilleux moments.

  10. « Je convoque une grande mascarade de sortilèges jetés aux esprits malveillants qui tenteraient de briser les rêves de ceux que j’aime ».
    Et puis Julie qui te fait danser, après avoir biaisé tes mots, « petite ballerine de fleurs de miel et de nacre translucide »

    Connais-tu vraiment la réalité dans toute la richesse de ses dimensions ?

    Poursuivez sans discontinuer votre partage, votre don secret des étoiles de pluie et de sel.

    Eblouissantes.

  11. Je me contente de laisser les mots venir vers moi et de les jeter aux hasards subtiles et improbables de la toile …

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