Marivaudages…

Ils étaient tous ainsi sur les grands écrans où venait se répercuter la lumière faisant apparaître des reflets mouvants et luminescents. Ils confondaient ciel et terre, buvaient et titubaient jusqu’à plus de repère. Ils dansaient tant que leur cœur le supportait. Ils s’effondraient puis émergeaient, le regard vide et avide dans un même instant puis ré-enchaînaient avec cette suite éternelle, cette danse macabre suspendu au fil invisible de l’indifférence. Je les admirais car ils bravaient la vie. Peut-être était-ce simplement une insensibilité vis-à-vis de la mort, de la fin… Mais ils la buvaient et la respiraient.

Ils peignaient, ils photographiaient, ils dansaient, ils composaient,ils écrivaient, dans un halos de tabac, dans une valse nocturne, s’épuisant ainsi jusqu’au levé du soleil … Alors que je n’écris que pour me survivre…

Hermétiques au monde réel. Hors, temps, hors norme, hors conscience.  Magnifiant les limites floues qui nous étouffent et qui fractionnent nos jours en petites cases formatées.

La crainte de la finalité m’a temporairement tué, j’ai choisi de la braver, simplement pour émerger, faisant fi de tout, Niant cette pression qui s’envole vers les plus hauts sommets, niant le palpitant qui bat des ailes comme un colibri qui prend son envol dans mon intérieur.

Si les symptômes ne se sont pas effacés, la peur s’est doucement envolée…  Elle s’est éprise de ma solitude pour que je puisse à nouveau la rencontrer.

J’ai confondu ciel et terre, verre blanc et verre noir, j’ai fait fit du temps et des heures, j’ai déliré dans des regards verts, encore une fois je suis rentré de plein fouet dans de solides murs de pierres, comme il me faut les éviter ceux-ci !  Pas écouté mon cœur, que ma folie, ais pris des risques inutiles, que j’ai aucunement regretté pour une fois. Les portes ont claqué, un fantômes derrière chacune d’elles qui se sont croisés sans se rencontrer. Des histoires impossibles, des hasards trop grands, des saltimbanques du temps qui passe, des nuits comme des jours, des heures à errer, des ciels à marcher. Tant de folies qui m’ont épuisés autant qu’elles m’ont rassuré, réconforté, semant au passages quelques étoiles sur mes cils.

Ivresse passagère, passage du temps, j’ai traversé, la ville, insolée, à contre-jour, surexposée et de nouveau insoumise, Je n’ai presque plus peur du vide. Elle est enfin de retour cette gamine qui s’ose frivole.

Je veux simplement festoyer sans me faire trop mal… Rêver avant de mourir. Que Marivaux m’espionne du haut de son mirador, il trouvera matière à création.

MFL

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~ par MFL sur 29 mars 2010.

8 Réponses to “Marivaudages…”

  1. Mfl ce billet splendide à ne pas en douter; est à la fois simple et complexe tout dépendant l’angle de la lecture. Cette lecture simple qui devient complexe si on la relis avec en tête la façon d’écrire de celui qui t’as inspiré (Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, il faut faire une analyse de la morale et de d’une psychologie raffinée qui est dans chaque paragraphe qui amène donc une lecture qui est différente

  2. Vous avez des yeux à rayon X mon ami le loup!

  3. Miradoooooooor!! Superbe et à ta hauteur.

  4. Wow merci!

    Le médiateur qui ressuscite juste pour moi, c’est un honneur!

  5. J’admire vraiment ton écriture!

  6. Hey Merci Laurence! C’est vraiment gentil!!!

    Et bienvenue ma bulle miss!!!

  7. jolie photo, dommage pour la surexpo, il serait temps que tu te mette au hdr 😉

  8. Nous sommes bien près de nous consoler quand nous nous affectionnons aux gens qui nous consolent.
    Marivaux, la Vie de Marianne, viii.
    Très très beau texte MFL !
    Je retiens une phrase parmi cent : »Alors que je n’écris que pour me survivre… » Je te suis. C’est une des plus belles et nobles aspirations de humains en même temps qu’elle est présomptueuse et naïve. Mais je l’aime quand même !

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