Étreintes Brisées…

Un petit saut dans l’univers charnel et obsessif du réalisateur espagnol, Almodóvar, qui fidèle à ses habitudes, plonge le spectateur au cœur d’un cinéma incarné, entre désirs passionnels et regrets énigmatiques. Cette fois ci, c’est au cœur même de l’abîme cinématographique, alternant entre réalité et fiction, que la fusion opère.

Reprenant ses thématiques consacrés du mystère, du  passé, de la vengeance et de l’amour obsessionnel, le réalisateur valse à travers différentes temporalités semant ici et là quelques  photographies, fragments d’une vie morcelée, semblable à ce qu’il avait fait dans Volver. Le héros d’étreintes brisé, un scénariste désormais accompli, jongle lui-même avec une double identité, partageant sa vie entre le « avant » et le « après » d’un évènement tragique. Si Mateo est bel et bien Henry, Henry à t-il encore quelque chose à voir avec Mateo? Hanté par le tragique qui lui a ravit la femme de sa vie, est-ce que la seule manière de retrouver la vie (et/ou la vue)  ne serai pas de trouver la clé qui lui manque afin de combler les trous blancs de sa propre histoire?

Sous les traits d’une Penélope Cruz, égérie d’Almodóvar, irradiante, Lena, utilise charme et volupté afin de se frayer un chemin unidirectionnel,  dans un univers de pouvoir, d’argent et de corruption. C’est dans ce contexte qu’elle sera amené à rencontrer Mateo, qui en l’espace de quelques instants saura la faire dévier de sa trajectoire.

Tout au long du film, Almodóvar multiplie les codes intertextuels, ramenant au premier plan son étude du cinéma en intégrant des « flashs » appartenant à différentes heures de l’histoire de la cinématographie. Citant Fellini, intégrant un extrait d’œuvre de Rossellini, transformant son héroïne en Marilyn ou en Auderey, balayant sa caméra dans un travelling cadré à la Wong Kar-Wai,  allant jusqu’à voir apparaître, une fois révélée, un couple d’amoureux qui s’embrassent sur une photographie prise par le réalisateur, clin d’œil absolu au Blow Up  d’Antonioni. D’ailleurs le film est lui-même une tentative de récréer une histoire d’amour déjà imprimée sur de la pellicule.

Entre quelques prouesses témoignant d’un amour inconditionnel pour le septième art, et un récit souvent imprécis, où quelques pistes se volatilisent dans un oubli souvent imparfait, le voyage au cœur d’Étreintes brisées se veut une intéressante réflexion tant sur le cinéma que sur l’impact que le passé peut avoir sur une vie. Si quelques éléments dénotent, le récit paraît assez solide pour soutenir une agréable part d’improbable, tout en accordant une validité plutôt efficace à l’ensemble. Personnage fantôme de l’œuvre, la musique semble transporter la trame, comme si elle glissait d’un plan à l’autre dans une harmonie relativement probable, transformant chaque note ensoleillée en une rencontre entre des corps qui se désirent, ramenant le tout aux sensations physiques et libidinales du cinéma d’Almodóvar. Si la tension est palpable, le voyage au cœur de l’Espagne devient tout aussi empreint d’une sensualité à faire rêver.

Et pour vous, l’idée d’une mort en totale étreinte avec l’être aimé est-elle la seule qui valent la peine d’être vécue?

MFL

Cet article est également disponible ICI…

~ par MFL sur 10 février 2010.

2 Réponses to “Étreintes Brisées…”

  1. ;le mots étreintes pour beaucoup de personne n’est qu’un geste physique même en y juxtaposant le terme total je trouve que cela reste au niveau du physique. Pour l’union parfaite de deux êtres on devrait utilisé les termes suivant: union totale du physique et de l’affect oui c’est le summum pour un couple

  2. Dans le cas de ce film, l’étreinte est le passage vers la mort… La mort qui étreint, puis disparaît…

    L’étreinte finale en somme…

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