Sélection naturelle…

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Hier, il y avait cette petite bête qui du font de son emballage Saran me lançait des petits regards de détresse en occupant ses courtes pattes à  tracer un chemin dans le styromousse de ce cercueil exigu. On est humain, pourtant on est toujours la petite bête qui se meurt, emballée vivante dans la dure réalité de la vie. Le vilain n’est pas toujours le chasseur. Certains animaux n’ont pas le talent d’éviter les pièges. La sélection naturelle dirait Darwin.

Un ami m’a dit dernièrement que si un enfant innocent mourrait, décapité par une balle perdue pendant une guerre, que c’était simplement qu’il n’était pas assez fort pour s’en sortir ou la preuve que ses parents n’étaient pas fait assez fort pour mettre leur progéniture à l’abri afin que la famille survive à tout ça, donc, qu’au final, il ne méritait pas de survivre… Discutable… Très même, mais simplement au niveau de la morale, car du point de vue de la morale je doute qu’un enfant « MÉRITE » de mourir, et ce, sans aucune exception. Mais en théorie si on enlève le concept de “mérite”, on se rapproche incontestablement du pourquoi dans la réalité même de la vie, cet enfant n’a pas pu survivre. L’argent n’a pas de morale, voilà le problème.

Mais à l’enfant à qui on dit cent fois plutôt qu’une de faire attention à tel ou tel danger potentiel, et qui fait fi de l’argumentaire lassant et répétitif des parents, parce que finalement, il a sans doute aussi besoin d’apprendre de ses erreurs pour continuer à avancer, à cet enfant, quoi lui dire lors qu’il tombe? Lorsqu’il se brûle? Lorsqu’il se fait mordre? Est-ce que lui dire que c’est la faute du gros méchant piège et qu’il faut abolir tous les méchants pièges afin de continuer à évoluer dans le monde les yeux fermés est la meilleure solution? Est-ce lui rendre service? Vaut-il mieux lui expliquer pourquoi il est tombé ou le plaindre en lui disant à quel point le monde est cruel? Je cherche. Les vents communs me font peur, car trop souvent les vents communs sont dépourvus de toute logique. Je n’arrive pas à savoir si cette image traumatisante du homard sacrifié est la bonne image que je dois m’en faire, car on le sait, il existe toujours deux versions à chaque fois. Parce que dans les faits, j’ai surtout peur de me mettre à penser comme la masse. Voilà le piège que je tente d’éviter.

MFL

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~ par MFL sur 15 juin 2009.

28 Réponses to “Sélection naturelle…”

  1. La réflexion est intéressante

    Je pourrais être cynique et dire que la masse ne pense pas, elle absorbe et recrache. Ça ne répondrais pas à la question. Sortir de la masse, tu le fais déjà en te questionnant. Tu le fais en étant capable d’argumenter, de peser le pour et le contre, d’admettre tes torts ou de pointer ceux des autres.

    L’argument de l’ami comme quoi seul les plus forts survivent, dans une situation d’accident relié à un événement dont lui-même n’a aucun emprise… c’est un peu n’importe quoi et il y a des limites à blâmer les parents.

    Je vais reprendre l’exemple de l’enfant et me laisser aller à mes pensées.

    C’est certain que de le sur protéger ne l’aidera jamais à se débrouiller dans la vie. Il aura jamais développé ses réflexes de défense par rapport aux obstacles qui se présentent dans la vie.

    D’un autre côté, croire que l’enfant ne garde pas en tête les avertissements des parents… c’est à nuancer. Il va faire à sa tête si il perçoit que les parents sont justement lassants et répétitifs. Il y a une façon de parler à un enfant et c’est de lui montrer de la confiance, de ne pas sous entendre qu’il est trop faible pour avancer tout seul. Ceci dit, il va quand même se heurter à plusieurs obstacles et apprendre à s’en protéger. C’est tout à fait sain de faire ses propres expériences. Le rôle des parents n’est pas de tout faire pour que l’enfant ne se casse pas la gueule, mais de lui donner les outils pour qu’ils ne se la casse pas trop sévèrement. Les pièges vont toujours être là, peu importe si on est contre ceux-ci. La guerre, par exemple, n’est pas souhaitable, mais est une réalité… une réalité toute autre. Nous prenons pour acquis notre climat de paix, nos réflexes de défense sont orientés pour ce climat précis. En situation de guerre je suis convaincu que bien des gens ne sauraient pas comment réagir. Les accidents arriveraient vite et il y aurait beaucoup de ses victimes qu’on pourrait dire « pas assez fort pour survivre ».

    Alors, est-ce qu’on pourrait dire qu’un climat de paix équivaut à être surprotégés par rapport au climat de guerre ? Oui et non. À moins d’être mal chanceux et mal situé, c serait difficile d’être capable de survivre dans les deux situations. De même qu’une personne ayant vécue dans la guerre la majorité de sa vie ne reconnaîtrait pas les codes dans une société en paix. La violence et les pièges existent tout autant, mais plus subtils.

    Tu as passée toute ta vie à te laisser bercer par les courants marins et un jour tu te retrouve entouré de pièges. Tu ne les reconnais pas trop et tombe pile dedans… pour finir emballé vivant comme dans un marché d’esclaves.

    Bref, on ne peut pas blâmer la victime de s’être fait avoir. On peut blâmer l’agresseur pour le traitement qu’il a infligé à celle-ci. On peut blâmer la situation en général, l’acte de faire du mal. Ça dépend de tes valeurs. Si tu es plus individualiste ou collectiviste et plein d’autres facteurs. Dans le cas du homard, on a pas une éthique assez développée j’ai l’impression.

  2. Médiateur

    En fait on se rejoint pas mal sur l’idée générale, bien sur que je suis d’accord que d’être victime du hasard ne crée que des victimes… Mais ça ouvre la porte à une autre question sur le hasard qui serait peut-être: Jusqu’où peut-on parler de hasard? Des heures de discussion en perspective toi! Yé!

  3. Excellent billet et discussion. Je vais y répondre plus en détails un jour…

  4. On parle de hasard quand c’est impossible de prévoir un phénomène, quand la cause et l’effet ne sont pas déterminés… si je ne m’abuse.

    Dans les mas mentionnés ci-haut, le mot hasard serait mal choisis. On peut parler de fatalités, d’accidents, de manque de jugement, de maladresses aux conséquences fâcheuses, de coïncidences…

    Mettre tout sur le dos du hasard c’est pas un peu se déresponsabiliser en tant qu’humains par rapport à nos choix et nos actes ?

  5. Un accident comme d’être touché par la foudre, c’est quoi, c’est de la faute d’un être humain irresponsable qui a volontairement choisit de se positionner précisément au mauvais moment au mauvais endroit?

    Pas trop logique! c’est peut-être un accident fâcheux, mais c’est seulement le hasard qui en est la cause.

  6. « On peut parler de fatalités, d’accidents, de manque de jugement, de maladresses aux conséquences fâcheuses, de coïncidences…  »

    Dans ces cas, il n’a jamais été question de hasard.

  7. Oui, le hasard ne concerne pratiquement que les phénomènes naturels, mais ce que je voulais dire c’est: Quand le phénomène concerne des humains à la base, nous ne pouvons certainement pas parler de hasard.

  8. « Un accident comme d’être touché par la foudre, c’est quoi, c’est de la faute d’un être humain irresponsable qui a volontairement choisit de se positionner précisément au mauvais moment au mauvais endroit? »

    Ça dépend des circonstances:

    1) Si tu es dans ta chambre quand ça arrive, c’est un mauvais hasard.

    2) Si tu es au beau milieu d’un terrain de golf lorsque ça se produit, tu as couru après le trouble!

  9. David

    Très drôle!

    Mais là il n’est plus question de « hasard » mais bien de stupidité 😉

  10. Voilà!

  11. « Quand le phénomène concerne des humains à la base, nous ne pouvons certainement pas parler de hasard. »

    Très bien!

  12. Par contre est ce un hasard que la stupidité soit aussi largement distribué chez les êtres humains 😉

    😛

  13. Peut-être! 🙂

  14. héhé!

  15. 😉

  16. Je parlerai de Parizeau la prochaine fois:

    http://anarchopragmatisme.wordpress.com/2009/06/16/le-dogme-etatiste-deforme-la-selection-naturelle-et-le-merite/

  17. C’est plus une réponse à ceci:

    « Un ami m’a dit dernièrement que si un enfant innocent mourrait, décapité par une balle perdue pendant une guerre, que c’était simplement qu’il n’était pas assez fort pour s’en sortir ou la preuve que ses parents n’étaient pas fait assez fort pour mettre leur progéniture à l’abri afin que la famille survive à tout ça, donc, qu’au final, il ne méritait pas de survivre… »

    Pour le reste, il y a peut-être d’autres pistes de réflexion.

  18. « Est-ce que lui dire que c’est la faute du gros méchant piège et qu’il faut abolir tous les méchants pièges afin de continuer à évoluer dans le monde les yeux fermés est la meilleure solution? »

    Oh là là, ce point-là mériterait à lui seul, un autre billet de ma part!

  19. « Parce que dans les faits, j’ai surtout peur de me mettre à penser comme la masse. Voilà le piège que je tente d’éviter. »

    Ça m’étonnerait beaucoup! 🙂

  20. J’essaie!

  21. Les commentaires de ce billet ont augmentés à vitesse exponentielle grâce à David!

  22. Je crois que c’est dans sa définition de tâche! 😛

  23. MDR!!

  24. En fait, c’est ma définition de non-tâche!

    Mais au moins, on ne fait pas semblant de travailler! 🙂

  25. HI HI HI!!

  26. « Siffle comme un épais » T’en sais trop!

  27. Je pense que la notion de hasard repose en partie sur notre capacité de comprendre les raisons pour lesquelles un tel phénomène se produit, mais aussi (et c’est la question d’ordre moral qui s’y cache) notre capacité de voir ou produire du sens à partir de rien, en apparence, ou de choses qui ne semblent pas avoir de lien causal. C’est le défi de notre conscience.

    Si à une époque, on attribuait les manifestations du tonnerre à des divinités, c’est bien parce que la physique n’était alors qu’à ses balbutiements. Pour moi, la notion de « hasard » n’est pas non plus loin de ce type d’attribution un brin arbitraire. Le défi, c’est de pouvoir concevoir l’inconcevable à partir des limites de nos sens et de nos moyens d’analyse. Si, sur la rue, une voiture me renverse, je peux dire: c’est un mauvais hasard que j’aie été là tandis que le chauffeur manque sa lumière! Pourtant, le hasard n’est-il pas seulement une patch que l’on appose sur nos manques de lucidité? BEAUCOUP TROP D’INFORMATIONS À ANALYSER.. Nos ordinateurs cérébraux n’ont pas assez de capteurs pour recevoir toutes les variantes, mais l’intuition est là!
    L’idée du destin aussi est la notion de sens qui devient la réponse à nos questions souvent souffrantes. Mais n’est-ce pas aussi ce qui nous distingue des autres espèces animales? Produire du sens, cultiver l’idée d’harmonie, même dans les durs sacrifices?

  28. D.

    Comme toujours tu questionnes et tu questionnes… Et le cerveau de se mettre à tourner trop vite en ce petit matin! Sérieusement j’aime bien ta théorie sur l’évolution de la perception du hasard, en la remettant ainsi dans différents réalités de présents enfouis, il est vrai qu’on peut se demander jusqu’à quel point le développement constant de la science pourra rendre éventuellement « explicable » des évènements reliés au « hasard ». Ça me fait pensé à cette science dont nous avion parlé qui étudie les « hasards » comme étant le résultat d’un très complexe calcul du cerveau qui est impossible encore à élucider sans un futur support technologique qui saura résoudre ce mystère à 2000000000 d’inconnues.

    Mais cette volonté de comprendre et d’affirmer que dans la finalité, tout ne dépend que de l’homme, me fait un peu peur parfois. J’ai peur des hommes qui ressentent un besoin jamais assouvis de contrôle, de vouloir tout contrôler, même, le temps même la nature. J’ai besoin, moi, de cette part d’inconnu, de ne pas toujours savoir ce qui arrivera, de savoir que tout n’est pas fixé. Ici je ne parle pas de responsabilisation face à mes actes mais bien de trucs totalement imprévus qui se présentent comme ça quand on ne s’y attend pas. Qui nous font emprunter de nouveau chemins, ou prendre de nouvelles décisions. J’ai besoin d’être dévié de mes routes parfois.

    Quand le cerveau humain sera capable de calculer le facteur hasard totalement, il n’y aura plus de jeux de hasard, et (Ah bonne nouvelle) plus de loterie et tous ces trucs idiots car chacun saura calculer les combinaisons gagnantes 😉 Adieu casino! 🙂

    Je vais loin un peu, mais si on poursuit dans cette idée, on peut aller vraiment loin. Et quand je pense à ce que les esprits mauvais pourront en faire, je me dis que finalement, j’aime bien la notion de hasard au stade ou il en est aujourd’hui. Car si la science évolue, l’âme humaine de change pas vraiment. On « twitt » au lieu de chasser, mais on recherche toujours et encore la même chose. La proie.

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