Douce euphorie et chansons insoumises…

(Avis aux lecteurs, ce qui suit ne contient aucune trace d’objectivité, elle s’est envolée il y a déjà seize printemps, en cette journée unique où pour la première fois sa musique s’est crée un chemin subtil, entre son univers unique et mon être.)

Critique subjective et assumée, du concert de Daniel Bélanger, présenté ce vendredi TREIZE, au Centre d’Arts de la Petite Église de St-Eustache.

Le noir… Le silence… Il y a cette vibration tangible qui s’élance déjà. Deux mots lancés au hasard d’une foule déjà attentive, prête à recevoir. Puis, une note envolée, une note qui voyage et se répercute, qui résonne comme un cristal précieux, tournoyante, légère, dans un espace envoûté et envoûtant. La musique atteint directement le cœur, sans détour, elle poignarde, oscillante, se déposant tranquillement sur la peau. Mon âme s’envole (plane) dans un instant suspendu, et harponne sans scrupules les mots insoumis. Le matériel ne fait plus échec, il vole et se réinvente à chaque seconde, il m’inonde, m’abandonne hors du monde, simplement bercée.

Je suis sans cesse fascinée, déroutée, le découvrant chaque fois comme s’il s’agissait de la première. Il y a eu tous ces disques usés d’avoir été tournés et retournés, remplacés toujours usés (encore) d’avoir été écoutés et réécouté … parce que le temps passe, que l’instant se tasse, parce que la vie nous grise, mais SES mots EUX, (heureux) sont intemporels, inépuisables et intarissables. Merveilleux, également, parce que le personnage, l’homme, est intègre, toujours. Quel concept sublime que l’intégrité, en ces temps de soumission à des valeurs factices et complices d’une industrie destructrice de sens, ombrageant les poètes et favorisant le facile et l’inutile. Ces résistants sont essentiels, ils réinventent la vie et ensoleillent les esprits libres, et cela, sans jamais faire de compromis. Le désir est inassouvi, il s’étoile, galactique, et s’esquisse suivant les courbes d’une pensée indocile.

Un homme, un grand, deux guitares qui savent orchestrer une symphonie immatérielle valsant de l’électrique à l’acoustique. Des mots vrais, fragiles et irrévérencieux. Une pureté, quasi mythique, dans cette aura unique qu’offre à chaque fois cette petite Église. Embrassé subtilement par des éclairages vaporeux, nitescence bleutées, rougissant au passage de certains textes, de certaines mélodies. Finalement des rires qui papillonnent, qui font simplement du bien. Quand la simplicité désarme…. Le charme lui se s’étiole pas.

Il y a ceux qui passent, et ceux qui restent…éternellement.

Égoïstement vôtre

Sans rancune

MFL

(crédit photo: John Londono)

~ par MFL sur 14 juin 2008.

15 Réponses to “Douce euphorie et chansons insoumises…”

  1. Tu as le don de rendre si intéressante cette subjectivité. De toute façon, tu n’as jamais prétendu que ce que tu écrivais était objectif!

    Je l’aime bien ce Daniel Bélanger, pas avec autant de passion que toi (c’est souvent ça qui m’arrive quand personne ne partage un intérêt avec moi: il s’étiole), mais c’est possiblement le meilleur qu’on a au Québec.

    Quoique Jean Leloup…

  2. @Anarcho-pragmatiste

    Et oui… Je sais reconnaître les limites de ma propre objectivité!

  3. Bien sûr!

  4. Hmm. Oui, un compagnon de longue route, ce D.B. Fidèle complice de mes premiers émois amoureux, il a réussit à redonner les lettres de noblesse à la poésie dans la chanson québécoise avec son premier long jeu (yé!). Son goût pour l’expérimentation en studio, son imaginaire absurde et sa modestie ont été clairement des facteurs qui l’auront permis de demeurer dans nos oreilles tout ce temps…et pour longtemps encore!

  5. @Le D.

    Très belle description! Daniel Bélanger ne se démode pas.

  6. @Le D.

    Mais tu as dont TELLEMENT raison, j’adopte CHACUN de tes mots, et je les range précieusement dans la partie objective de mon âme! C’est plein de musique ces mots.

  7. @Le D.

    C’est vrai que c’est un point de vue plus objectif!

  8. Ah Daniel Bélanger je ne connais pas très bien ce chanteur à vrai dire alors je ne puis émettre aucun commentaire sur ce qu’il fait ou raconte dans ses chansons.

  9. @Loup de ville

    À vrai dire ce n’est pas simplement un chanteur, c’est avant tout, un grand créateur (un vrai) et un artiste des plus intègres qu’il puisse exister. Voilà, ce qui en fait une personne d’une grande valeur. De ceux qui ne meurt jamais.

  10. Il n’est pas trop tard pour le découvrir!

  11. Bélanger est la preuve qu’on peut connaître le succès même en refusant d’adhérer aux recettes. Bélanger, c’est l’anti-conformisme, le courage d’essayer, la conviction d’un art. Et un talent en plus… Ce que j’apprécie le plus de Bélanger, c’est sa capacité à utiliser sa voix comme un instrument, formant une harmonie avec son « band ». Les chanteurs qui poussent trop, ça m’énerve!

  12. @Lutopium

    Excellent commentaire! J’aime bien Bélanger parce qu’il est en dehors de la clique des veudettes-pseudo-arteuses-ou-star-épidémiciens-adisquiens-éphémères. Mais n’oubliez pas Jean Leloup, quand même, hahaha!

    « Les chanteurs qui poussent trop, ça m’énerve! »

    Ça dépend comment on définit « pousser trop ». Si un chanteur a une excellente voix qui lui permet de pousser sans fausser, et bien, qu’il la pousse! Ça peut être fort intéressant et agréable à entendre! Évidemment, un mauvais chanteur qui pousse trop sa voix est encore plus inaudible. De plus, le style musical de Bélanger ne se prête pas à une telle poussée vocale et l’harmonie musicale et vocale n’en est que plus exquis. Ça dépend aussi du style de musique: des métalleux qui ne poussent pas leur voix ne sont pas des vrais métalleux!

  13. @Lutopium

    Le concert de vendredi, auquel j’ai assisté, était, simplement acoustique, lui et sa guitare, par moment la pureté de la voix mariée à une simple guitare, créaient une symphonie de cristal, totalement envoûtante, qui résonnait comme s’il y avait eu un orchestre au complet!

    Comme j’aime les gens intègres, les créateurs, les « imaginneurs » de mots, de sons et surtout de sens! Ceux pour qui le compromis n’est pas une solution envisageable!

  14. @Anarcho-pragmatiste

    La voix doit avant tout être une affaire d’émotion (savoir interpréter c’est être en mesure d’exprimer quelque chose, voire de vivre ce que l’on chante)

    La voix aurait beau être incroyable, s’il n’y a pas d’émotion (de vie) ce n’est que de bruit inutile!

    Il y a cette super chanson de Fred Fortin (un autre artiste d’une intégrité sans compromis) « conconne » qui parle exactement de cela:

    « Y’a trop de bonnes chansons, en voici une mauvaise
    J’ai poussé la chanteuse au font de la falaise
    et dans son dernier cri
    pour la première fois
    j’ai ressentis, l’émotion
    exprimée par sa voix
    dans la gorge du canyon
    elle faussera plus la conne… »

    Vous pouvez écouter l’extrait ici:
    http://www.fredfortin.qc.ca/intro.html

  15. Bon point concernant l’émotion. Il ne faut pas oublier cet élément essentiel de toute expression artistique.

    Tu as bien raison pour Fred Fortin (un proche de Mononc’ Serge, semble-t-il). Merci pour le lien!

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