Point de départ…

Où sommes-nous, d’une année à l’autre, à une date précise une année, et une année suivante à la même date… Que se passe t-il entre les deux…

L’année dernière à cette date précise, je regardais par la fenêtre de mon appartement parisien, le ciel était gris, le camion venait ramasser les contenants de bouteilles vides dans ce vacarme incroyable que je m’étais habituée à entendre. Moi, je me promenais dans le désordre de mes valises qui tranquillement, reprenaient vie, entre chaudières, vadrouilles et souvenirs… Je naviguais entre cette tristesse infinie de quitter cette ville que j’avais faite mienne, que j’avais tant aimé et cette excitation de retrouver ceux que j’aimais, et ce pays bouleversé (et bouleversant) qui est le mien…

Je voyais les fantômes apparaître dans l’appartement, comme si tous les moments heureux passés à cet endroit se déroulaient dans un même temps, dans un même fragment d’un instant fragile et impossible à retrouver. Les gens qui y sont passés, les amitiés qui y sont nées…

Je n’étais pas très efficace, ni dans le nettoyage, ni dans le remplissage de valises, j’étirais pour ne pas que les choses se concrétisent! Je niais pour ne pas pleurer, Comme si on pouvait changer quelque chose aux heures qui se sauvent! Pas encore partie, mais un seul désir, y revenir…

Cette journée là, je me préparais également à aller célébrer l’anniversaire d’une amie, dans son petit appartement de Montmartre, traverser la ville à coup de métro une dernière fois…revoir la ville se dessiner devant moi… La vie est cruellement ironique parfois, j’ai rencontré Paris dans le 18e, et elle m’a également dit adieu dans le 18e… J’ai un souvenir très précis de cette soirée, typiquement parisienne, trop nombreux dans un trop petit espace, entre champagne et macarons… Oubliant que je les quittais…

J’avais écrit ceci ce soir-là :

Impression

J’ai raccroché la réalité
Elle s’est inscrite à mon agenda
Sous la forme d’un rendez-vous à Montréal
Paris grise n’est plus à l’affiche!

Grande liberté, volée à quelques moments
D’insouciance, partagée par ces rencontres urbaines
Faites de pierres et de passages aquatiques…

Paris, ville d’un hiver,
Où hors du temps,
L’espace d’une saison,
Tu as habité ma liberté

Adieu Pont des Arts!
Même si je sais que je reviendrai…
Il y a la suite de ma vie qui m’attend!
Et des nouveaux ponts à emprunter!

Nous sommes encore le 30 mai…
Une année s’est écoulée depuis cette journée étrange (c’était hier en fait…)
Je regarde la vie par la fenêtre de mon « chez-moi » Montréalais… Mon véritable chez moi qui m’appartient enfin! Je n’y aurais pas cru il y a un an! Le ciel est gris… Il y a un an, je terminais mon texte en parlant de : ces nouveaux ponts que j’aurais à emprunter, voilà que je vois le pont Jacques Cartier à chacun de mes réveils…

J’ai une curieuse impression qu’il est en train de m’arriver quelque chose de bien… Je ne sais pas trop c’est quoi, mais c’est enivrant! Je le saurai peut-être le 30 mai prochain…

Mais putain, Paris me manque trop…

Sans rancune…

MFL

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~ par MFL sur 30 mai 2008.

8 Réponses to “Point de départ…”

  1. Laisser le sentiment nous envahir. Croire, crier au renouveau qui s’embarque, qui s’empare de nos espaces intérieurs. Laisser les peaux s’effriter hors de nos miroirs, laisser nos âmes s’écouler hors de nos limites, parce que le rêve nous attend au détour. Il pense à nous, oui, dans la forêt, sur la rive, aux antennes de la forêt,. Il nous écoute au loin et nous envoie des ondes amoureuses. Si la conscience est partout, alors j’envois un valentin au coeur des galaxies. Et ton âme n’a pas de montre. Pas de péremption de yogourt inter-lactique. Ton âme t’observe, détachée de ce qui te tracasse. Vaillante, elle te suit, confiante. Elle a des oiseaux aux coins des yeux. Elle en a vu d’autres. Elle a des années-lumières comme pantoufles.

  2. Ta description de Paris est tellement juste que tu as réussi à me ramener quelques semaines en arrières alors que j’y étais encore. Lorsqu’on a Paris dans le sang, on y revient toujours sans jamais l’avoir vraiment quitté. Lorsqu’on a Montréal dans le sang… bon, je radotte déjà 😉

  3. J’pense encore à mon été à Vancouver. C’est un souvenir qui restera toujours, mais heureux.

  4. @Le D.

    Magnifique! Qu’ajouter…

    @Mazsellan

    Heureuse de vous avoir permis de rêver un peu d’une grisaille à l’autre…

    @Charlotte Russe

    Pourquoi « mais » heureux? Les souvenirs, me semble t’il sont majoritairement heureux! 🙂 Du moins, ceux qui nous accompagnent tout au long de notre vie!

  5. Mal exprimée…

    Plutôt dans l’idée que la nostalgie est moins larmoyante passé quelques années.

    Peut-être que c’est pas clair encore….

    lol 🙂

  6. Lucidement clair…

    🙂

  7. La description que vous faîtes de Paris fait ressurgir la nostalgie que j’ai pour cette ville. A moi aussi Paris me manque !
    Très beau blog !

  8. @Miss Wendy

    Merci beaucoup! C’est très gentil!!
    effectivement il est facile de s’ennuyer de Paris!

    Bonne fin de journée…

    Au plaisir de vous recroiser de ce côté ci des choses 🙂

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