Roman de gare

Dernier film de Claude Lelouch (2007). On a souvent dit, que le Claude Lelouch des années de : Les uns et les autres (1981) de Partir revenir (1985) etc… était absent dans ses dernières productions, tel un Woody Allen qui se bat pour retrouver toute la fougue de ses premières grandes inspirations, de ses coups de génis.

À mon avis, la magie était déjà revenue avec Le courage d’aimer en 2005 (et même bien avant!), mais ici, avec Roman de gare, Lelouch réinvente son propre paradigme, tout en atteignant un nouveau paroxysme. Lelouch est un magicien, de ceux qui nous permettent de ne pas respirer pendant deux heures, comme une grande respiration que l’on se garde, le souffle coupé, de crainte que le temps s’arrête. La grande qualité de la direction photo contribue à son tour à magnifier l’expérience cinématographique de ce film au rythme et à la cadence soutenue.

« Il y a des rencontres plus fatales que d’autre… » que l’on peut lire sur le synopsis du film. Oui, certaines rencontres modifient le cours des choses, elles bouleversent l’habituel… L’intrigue réside dans la rencontre! Cette rencontre, qui se traduit par une indescriptible et fulgurante montée du désir… la rencontre (ou le désir) ne vient jamais sans complications, sans questionnements. Qui est cette personne, cet inconnu, qui me chavire le cœur, qui rend ma respiration si difficile? Est-ce ce professeur qui a abandonné femme et enfants? Est-ce ce tueur en série, pédophile évadé de prison, celui qui se prend pour un magicien? Est-ce peut-être simplement un auteur de romans à succès en quête de son nouveau personnage…

Doit-on prendre le risque de se laisser transporter par ce nouveau désir qui nous envahit? Et si cet inconnu était véritablement celui qui allait changer ma vie…

Pourquoi Huguette décide t’elle de ne pas suivre celui qu’elle semble tant désirer? « parce qu’il était bien trop bien pour moi » répond t’elle sans hésiter… C’est ainsi! Oui, je sais c’est toujours ainsi!

Entre questions existentielles et intrigues prenantes, on vogue ici à travers une galerie de personnages hétéroclites qui se croiseront et s’entrecroiseront (pour ne pas dire, s’entrechoqueront) dans une habile chorégraphie hypnotique comme Lelouch sait si bien le faire…

Invitation à plonger dans l’univers envoûtant d’un cinéaste qui a su rester intègre à ses idées ainsi qu’à son style au cours des années! Ah si j’avais les mots, voilà ce que j’aurais pu lui dire le jour où, après avoir assisté à cette première de film assise à ces côtés, j’ai remonté l’allée du tapis rouge en marchant avec lui… Mais non, fidèle à mon habitude, je suis restée silencieuse, interdite et pantoise, devant trop grand pour moi…

Sans rancune

MFL

~ par MFL sur 23 mai 2008.

8 Réponses to “Roman de gare”

  1. Commentaire critique fort intéressant, ça fait changement des populo-critiqueux de la Presse à Desmardais et de Culbécor.

    Mais la fin me laisse perplexe:

    Ah si j’avais les mots, voilà ce que j’aurais pu lui dire le jour où, après avoir assisté à cette première de film assise à ces côtés, j’ai remonté l’allée du tapis rouge en marchant avec lui… Mais non, fidèle à mon habitude, je suis restée silencieuse, interdite et pantoise, devant trop grand pour moi…

    ??????????????????

  2. Merci du compliment! Souvent lorsque je relis mes critiques de film et/ou de théâtre, je me surprends moi même! Me semble que je serais excellente la dedans!! (non pas excellente, la meilleure!!)

    trêve de modestie…

    La dernière partie relate tout simplement une anecdote, qui m’est arrivée il y a quelques années, alors que j’assistais à une première de film, avec les médias, je me suis retrouvée assise à côté de M. Lelouch!(il était président du jury dans le cadre de ce festival) J’étais juste trop impressionnée pour trouver quelque chose de pertinent à lui dire!!! Puis le hasard à décidé que c’est moi qui marchais à ses côté à la fin de la représentation, sur le tapis rouge qui menait à…. deux conclusions, de un, je regrette de ne pas lui avoir parlé! (Il m’avait si gentiment souri!!) et de deux, je déteste les soirs de premières! Trop superficiel! Mais que veux-tu, je suis une anarcho-bourgeoise!!😉

    Bref, l’anecdote n’était pas plus intéressante que ça!!!

  3. anarcho-anti-bourgeoise?

  4. ???????

    j’ai bien dis :anarcho-bourgeoise! Je ne me définis que par les paradoxes! Et par mon humour étrange!!!😉

  5. J’aime bien cet humour, mais ce genre de « soir de première », QUE TU DÉTESTES, est une manifestation bourgeoise.

  6. Et l’anecdote est fort intéressante!

  7. Je suis également une bourgeoise assumée! Même si je déteste les soirs de première! Mais comme je m’y retrouve toujours, je me dis qu’à moi aussi, le subconscient doit jouer des tours!

  8. HAHAHA!!!

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