Madeleine…


Elle aura 84 printemps. D’une saison à l’autre les choses n’ont pas toujours été simples pour elle. La vie est une valse ouverte et imprévisible, capable d’invoquer, d’apaiser de bouleverser chaque petit moment d’existence. Exister est un privilège, pas un droit. Mais le prix est souvent élevé. Trop souvent, les épreuves sont injustes. La liberté n’est qu’illusoire, si elle ne s’inscrit pas d’emblée, il faut savoir l’inventer, se la créer, savoir esquisser les lignes de sa propre liberté. être en mesure de la reconnaître dans les coins sombres de la solitude, dans les clairs-obscurs d’une vie bien souvent indocile et insoumise aux volontés humaines de l’insurrection silencieuse, de celles qui savent résister. Quelquefois, il faut savoir accepter… J’ai toujours craint plus que tout au monde la résonance du mot « résignation » quand il était questions d’acceptation. Peut-être qu’il me faudrait apprendre à isoler les mots, à ne pas les confondre, peut-être que d’accepter c’est tout simplement de continuer à avancer… « Le dur désir de durer » dirait Paul Éluard.

Je m’égare…

De mon côté, je me triture le cerveau à coup de questionnements inintéressants, je recule plus que j’avance, j’hésite, je laisse mourir les heures, je cherche sans cesse, mais je ne trouve rien, j’apprivoise les idées noires. J’observe la fumée frôler l’éphémère, brûlant du coup mes dernières certitudes, derniers jalons de mon univers impossible…

Au cours de ses 84 ans de vie, elle a vu mourir tragiquement deux de ses enfants, sensation étrange et inimaginable pour qui ne l’a pas vécu. Drame incompressible, destin tragique, scénario qui en lui seul, renferme le pire, l’impuissance… Juxtaposé à cela, plus rien ne semble réel, tout s’envol vers le futile et l’absolu improbable.

Pourtant…

Pourtant, en fin de semaine, elle m’a dit à quel point elle trouvait dont la vie belle. « La vie est tellement belle! » « J’aime la vie! » Moi je la trouve belle par l’émerveillement constant qu’elle m’apporte, pour cette chance que j’ai d’y participer… Les mots sont tellement simples qu’ils m’inquiètent…

La vie est simple, les chemins qui mènent au bonheur sont mystérieux, j’imagine que c’est comme la liberté, il faut l’inviter à danser aussi. Ces mots forment un cafouillage hallucinant dans ma tête depuis, ils m’obsèdent… Je vais essayer de miser sur l’imprévisible heureux.

Je ne savais pas quoi lui répondre, je lui ai souri… Comme je l’aime, merci de m’avoir tansmis autant de folie!

Sans rancune

MFL

(photo:mfl)

~ par MFL sur 20 mai 2008.

5 Réponses to “Madeleine…”

  1. Une superbe façon d’exprimer de telles émotions…

  2. Ma mère est la plus forte… ton texte me touche beaucoup!

  3. @anarcho-pragmatiste

    Je ne suis pas certaine de comprendre…

    @Hasard

    Je me doutais bien que ça te toucherais!🙂

  4. C’était simplement pour te dire que j’aime ta façon d’écrire…

  5. Désolé, je croyais que tu parlais d’un élément spécifique!

    Sans rancune!🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :