Les cerf-volants de Kaboul

Je n’avais pas lu le livre, j’ai loué le film hier soir. J’ai si mal dormi cette nuit. Tiraillé entre tant de sentiments contraires… Rêves éveillés, contradictions à fleur de peau.

Les cerf-volants, c’est l’enfance, l’innocence, la simplicité, les rêves, les espoirs, le bonheur tranquille, la sécurité… Les cerf-volants, ici, c’est l’enfance colorée et heureuse d’Amir et Hassan, l’histoire de leur amitié qui se voulait plus forte que tout, mais c’est aussi le symbole des derniers moments d’innocence et de tranquillité du pays. De l’Afghanistan de la fin des années 70, où douceur de vivre faisait encore partie du quotidien. Malgré tout, on percevait déjà les tensions entre pachtous et Hazaras (une minorité chiite d’origine mongole victime de discriminations)

Cette paix tranquille allait prendre fin peu de temps après à la suite d’une trahison. C’est le règne de la peur qui s’installe, la peur qui fige, celle qui fait que l’on ne vient pas en aide à un ami, puis la peur politique suite à l’invasion soviétique. La peur qui fait fuir, mais qui crée également un regret, un regret immense qui ne cesse de grandir et qui devient un secret avec lequel il est impossible de vivre.

Suite à L’invasion soviétique, Amir quittera l’Afghanistan avec son père, pour finalement s’exiler aux États-Unis (terre de toutes les promesses). Pendant ces années où il y poursuivra tranquillement ses études, les islamistes talibans vont tranquillement prendre le contrôle de l’Afghanistan et y instaurer le régime de la peur, du racisme, du pouvoir de l’argent ainsi que de la réinstauration zélée de la Charia telle qu’on le connaît aujourd’hui. Laissant ainsi une amitié, des hommes et un pays brisé.

Ici je ne fais pas un résumé de l’histoire, vous le lirez ou vous le regarderez ça vaut la peine, ça change les perspectives, et surtout, ça amène à mieux saisir le peuple afghan tout en poussant la réflexion sur cette guerre dans de nouvelles sphères. L’auteur du roman est d’origine afghane ( Khaled Hosseini), la production du film est américaine… Le film a été interdit de diffusion en Afghanistan (grande surprise)… Bref beaucoup de sentiments contradictoires. Je ne crois pas qu’il faille y cherche la part de ce qui est vrai et ce qui est faux… Mais, je crains toujours un peu (beaucoup) le système de propagande dans une situation comme cela. Jusqu’où est prête à aller une nation comme les Etas-Unis pour justifier les frais d’une guerre perdue d’avance… Car oui, il est facile de se faire prendre et de s’imaginer que la solution réside dans une guerre de la sorte. Mais en même temps, en regardant l’histoire se dérouler, en observant les politiques nouvelles du pays, on voit bien que ce n’est pas ainsi que l’on aura une chance de bouleverser le cours des choses! On ne se bat pas contre un régime terroriste… La solution humaine ne réside pas dans cette alternative, et pendant ce temps, on assiste à la lapidation d’une femme adultère (au nom de la volonté de Dieu) comme « spectacle » de mi-temps lors d’un match de foot. Spectacle qui n’a qu’un but : Renforcer l’idée de la peur ainsi que le pouvoir absolu du régime taliban. Bien des années après la séparation, quand Amir va retourner sur les lieux de son enfance, on va lui dire que le pire crime que les talibans aient commis est d’avoir interdit les cerf-volants, bref, d’avoir tué l’espoir et le rêve dans la tête de tous les afghans, et là, toute la métaphore prend son sens.

Le film est bien réalisé, il en émane une simplicité qui est tout à l’honneur du réalisateur. Hélas je ne peux pas dire ce que vaut l’adaptation filmique versus le littéraire original, mais je crois que c’est avant tout un film qu’il faut voir pour son côté humain. C’est touchant, c’est d’une grande beauté d’une tristesse désarmante.

Bien entendu, je ne souhaite qu’une chose, que les cerf-volants prennent à nouveau leur envol dans le ciel afghan…

D’ici là, je rêve à mon tour de faire voler des cerf-volants dans le ciel de ma ville. Je lance l’invitation, est-ce qu’il y a parmi vous, des êtres atteint de cette douce folie qui seraient partant pour tenter de faire voler des cerf-volants cet été… ? Ou suis-je la seule dont le cœur d’enfant semble encore occuper toute la place dans le quotidien de la vie?

Sans rancune

MFL

~ par MFL sur 9 mai 2008.

2 Réponses to “Les cerf-volants de Kaboul”

  1. Y’a une boutique incroyable pour les cerfs volants à Mtl… Nous on est de grands fans…😉
    Toujours partante pour jouer avec le vent🙂

  2. @Mandoline

    Je crois que je sais ce que je vais faire ce weekend! Mais surtout heureuse de me sentir moins seule dans ce monde ou l’on sait encore apprécier ces petites choses magiques😉

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