Maman est chez le coiffeur…

Dernier opus de dame Léa Pool. Maman chez le coiffeur est une chronique sur la vie, sur ces hauts, ces bas, sur l’amour, la découverte ainsi que sur ces passages obligés entre bonheur et tristesse mais surtout entre innocence et réalité.

On l’attendait depuis si longtemps, il est sortie ce vendredi et météo aidant, c’est dans le calme sombre d’une salle de cinéma que j’ai trouvé la paix en un dimanche après-midi de deuil… (suite à un samedi soir à nous trouer le cœur, mais bien entouré d’amisssssss partisans solidaires et rempli d’un optimisme infini, bref belle soirée tout de même.) Mais il faut tout de même avouer que ce dimanche était Oh tellement gris, plus gris que ce que le ciel pouvait amener de gris à lui seul! Mais passons…

Je disais donc, que j’avais trouvé la paix. La paix est un bien grand mot, mais j’ai trouvé des traces d’espoir, des petits fragments d’un monde « autre » d’un monde où l’on apprend à vivre avec ses peines… parce que la vie continue, malgré tout, la vie continue toujours.

Ici ce sont des enfants qui vont devoir apprendre à vivre avec le départ de leur mère. Non pas une mère indigne qui abandonne ses enfants, mais une femme brisée qui trouve la force de se sauver la vie en faisant fi des conventions en une époque où l’on aurait préféré qu’elle ferme les yeux.. Qu’elle fasse comme ces femmes des années 60, c’est à dire: comme il ce doit et non comme elle aurait voulu.

C’est ce que je retiens de la leçon, le courage d’une femme qui à su s’écouter, aller à contre-courant. Mais aussi se servir de ce drame pour se pousser elle-même plus loin. Trouver un équilibre entre carrière et famille. Que restera t-il après son départ? Un père fautif qui tente de faire son mieux, pas plus heureux, se sentant coupable d’avoir brisé sa famille mais ne se sentant pas le courage de s’accepter tel qu’il est… On imagine que tout comme sa femme, il vivait ancré dans un monde de convention, dans une société dominée par le règne de la peur, où être différent aurait pu lui être fatal.

En fait, c’est de cela qu’il est question dans ce film, des différences, de ceux qui sont différents… « Monsieur mouche, il a une tâche de vin dans le visage donc il est différent » … toi tu es différent parce que… Mais au bout du compte, chaque être humain qui est différent se voit -il rejeté, sans jugement aucun? Peut-on trouver sa spécificité dans ce qui nous rend différent des autres?

Papa aime les hommes. en fait, papa préfère les hommes à maman… comment expliquer cela à des enfants, comment apprendre à vivre avec cela en tant que femme? On part ou l’on fuit? On reste et on endure, on joue la femme aveugle? Mais si cela se savait, qu’arriverait-il aux enfant? Déjà qu’en 2008, la situation serait tendu, j’ose à peine imaginer ce qu’il pouvait en être dans les années 60, où l’on commençait à peine à se sortir de ce carcan religieux. Quand le plus gros enjeu social est de débattre à savoir si on va permettre ou pas les cordes à linges durant l’été on se dit qu’il reste encore du chemin à faire avant de pouvoir parler ouvertement des vraies choses. On m’a déjà dis que le dernier des tabous de nos jours était les sentiments… ces petits choses sournoises qui nous habitent, avec lesquelles on a parfois du mal à « dealer » car trop personnelles car trop intenses et sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle… J’aime bien cette idée des sentiments comme tabou.

On dit qu’une œuvre est réussie lorsqu’elle suscite plus de questions que de réponses, pour cette seule raison on peut parler ici d’une production réussie. Touchant, sensible, dans la plus pure tradition du cinéma de la simplicité, des émotions, des non-dis. Un petit moment de bonheur, transporté par la musique ainsi que par les regards d’une bande d’enfants qui, en traversant un été, découvriront également que la vie n’est pas un conte de fée, tout en apprenant le sens des mots partage, entraide, écoute et solidarité…

Peut-on trouver la raison du départ de maman dans le sac de golf à papa?

Sans rancune

MFL

~ par MFL sur 5 mai 2008.

2 Réponses to “Maman est chez le coiffeur…”

  1.  »une femme brisée qui trouve la force de se sauver la vie en faisant fi des conventions en une époque où l’on aurait préféré qu’elle ferme les yeux. »

    Ca vaut mieux que de le faire à moitié, ou de ne pas le faire du tout, même en y étant…😉

  2. @Mandoline

    Exactement!!

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