Ce qui n’est pas cinéma….

C’était aujourd’hui, à bien y penser, c’était sans doute hier, ce sera sans doute demain aussi. Il y a eu cet instant de panique, cette petite fraction de seconde où la réalité s’échappe de nous et nous fait perdre pied. J’étais là, comme il se doit, je vivais comme il fallait, une chose a la fois, un pas devant l’autre, essayant de ne pas trébucher. À cet instant, j’étais simplement ou je me devais d’être ni plus près ni ailleurs. Pour l’espace que j’occupais, la vie en avait décidé pour moi. Ce qui faisait en sorte que sur ce point, je n’avais aucun contrôle. Puis la foule est devenue dense, puis elle s’est figée en une mare de monde immobile, foule où je ne voulais plus être. Le peu de contrôle qui me restait de moi-même venait du fait que jusqu’alors je savais précisément où il était. Je le devinais, le sentais, je n’avais aucun besoin de le voir tellement sa simple présence était un souffle qui me permettait de respirer à nouveau.

Je me posais une question toutefois, pourquoi, mon instinct avait annoncé sa présence comme une certitude qui n’avait d’égal que le bonheur inexplicable que j’avais à anticiper le fait qu’il y serait? Que s’était-il passé depuis cette rencontre banale qui n’avait eu sur moi aucun effet? Quelques heures, quelques jours, mais d’où venaient toutes ces étoiles qui rendaient le vin triste? Il y avait la pluie certes, le ciel était gris de douleurs, de peurs, et chavirait le temps comme on rencontre son heure. Mais la situation était autre, j’espérais le revoir, j’en rêvais, je m’en saoulais, je me perdais. Je ne le cherchais pas, il y serait, je le savais. J’ai toutefois tourné la tête à cet instant précis. Quelle heure était-il? Était-ce vrai?

Tout est devenu noir, ce n’était pas la nuit pourtant. L’orage était dans le ciel, dans ma vie, il se jouait de mes espoirs. Plus la foule augmentait, plus je perdais le contrôle de ma vie et puis soudain, il n’était plus où il devait être… C’était l’étourdissement total qui venait de s’emparer de tout mon être. Perdre pied, tomber dans le vide, mais sans jamais comprendre ce qui est en train de se produire en moi. Ne pas vouloir voir parce que refusant de voir…

Marcher sous la pluie pour fuir…. Se fuir de soi-même en tout premier lieu, et fuir cette foule qui ne cesse de s’amplifier. Changer de trottoir pour éviter un océan d’eau du déluge qui sévit en moi et le voir apparaître en ce refuge qui aurait dû être le mien, qui se devait d’être neutre… Se briser, et se jeter pieds joints dans ce même océan d’eau, qui l’instant d’une fraction de temps devient l’endroit le plus merveilleux du monde. Choisir de se noyer dans cette mare qui s’en va vers une route inconnue, qui double le temps de passage au milieu de l’orage. L’orage me semble moins pire que la tempête intérieure, elle me domine sans m’angoisser et me donne froid pour oublier. Qui est-il? Une vague représentation de l’inaccessible, d’un désir refoulé depuis si longtemps?

Montréal est triste aujourd’hui, elle qui était si belle hier, cette ville qui illuminait nos pas d’un soleil radieux d’une douce chaleur qui palliait à l’absence. À son absence, qui n’existait pas, à l’absence de ma névrose, de mes peurs, de ma vie? Est-ce qu’oublier de vivre que de vivre? Sur le fil invisible du temps qui passe, où suis-je? Depuis quand? Jusqu’à quand? Est-ce un de ces moments importants où deux routes perpendiculaires se croisent, se fusionnent l’espace d’une rencontre inévitable? Parfois, le choc causé par l’impact est trop violent et l’on ne peut le supporter dès lors, notre route se voit dévié et changée à jamais…. Malheureusement à ce moment-là, on ne peut plus fuir, on ne peut qu’avoir mal. Dans un silence complet. Rongé par le regret et le manque de courage.

Comme le temps passe…

Déja deux ans!

Sans racune le temps

MFL

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~ par MFL sur 15 janvier 2008.

2 Réponses to “Ce qui n’est pas cinéma….”

  1. Je suis en train de lire, mais je ne peux plus écrire, car j’ai oublié mon franÇais. Je voulais tout de même dire bonjour, pour ne pas avoir l’air d’avoir lu from behind the curtains, voyons: cachée derrière les rideaux, en cachette, à la dérobée.

  2. Salut MLF!

    J’apprécie surtout chez toi le coté édito de ton blogue continue ne lâche pas

    LoupDeVille

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