Et je me suis endormie avec un éléphant jaune…

•12 août 2014 • Laisser un commentaire

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Combien de nuits, ai-je essayé de combler les heures d’un sommeil enfui à inventer des séquences en continue ? Des films qui tournent en boucles. Images juxtaposées aux songes éveillés. Une épaule, un cou, un souffle, un regard impossible dans tous les réels. Des scénarios qui ne lassent aucune de mes nuits, parfumant mes angoisses de ses acacias blancs. Des matins humides à rêver, immobile, sous les ailes d’un ventilateur, à dessiner les contours invisibles de ses mains. Puis assassiner les criquets matinaux qui nous refusent des nuits apaisantes. Des opéras tragiques berçant l’épiderme de mes appréhensions. Des centaines de secondes à bouder le ressac des vagues sur la grève, d’une Gaspésie qui s’invente en accents aigus. Une mémoire percée de tous mes univers, des trous nus esquissés de tous mes désirs. Je guette les étoiles s’effiler de tous les possibles, aux voiles lancées dans le vent de mes pensées. Alors imaginer, des heures durant, des frôlements, d’une peau à l’autre, me moquant de ce moment précis, où je me souviendrai que rien n’existera jamais. Des milliards de nuits seule. Simplement compter les heures d’un infini sans lui.

MFL

Bypass…

•20 mars 2014 • Laisser un commentaire

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Il contournait les zones armées. Des dizaines d’étapes pour bypasser le système. Du dézonage préventif.  Le renard déjouait. Il enseignait aussi. Des chiffres et des temps, des codes. Next. Porte 29. Un grand sourire se dessinait dans l’infini. Des rides de légèreté au coin de l’œil gauche. Désarmant. Un mur qui s’érigeait de tous les contraires possibles. Sauvagement contradictoire. Sans aucun doute elle ne voyait pas la poutre dans son propre œil. Ni dans ce regard de pierres qui s’élevaient en une colossale armature, se dressant contre toute  trace de raison en une brève amertume. Une logique d’amoureuse qui ne s’effrite jamais. Elle rongeait ses ongles sans vernis jusqu’à l’os. Quand  ça devenait croquant. Des heures d’une douleur justifiée, qui s’étiolaient dans le printemps tardif. Peu importe ce qui arrivait, l’aura électrique qui les entrechoquait lors de chaque frôlement de peau, se révélait violemment. Douce violence. Il l’avait une fois de plus désactivée. Désarmée.

MFL

Illusions épidermiques…

•13 janvier 2014 • 15 commentaires

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Elle observait les traces du temps qui se dessinaient sur ses mains. Des années de vécus, qui se gravaient sur une surface fragile. Elles ne tremblaient pas. Des gestes authentiques, qui donnaient envie de s’en étourdir. De s’inonder dans ses/ces veines en un excès de confiance. Imbibées d’ivoire, d’histoire, d’illusoire. Une contenance brute, éphémère. Fille inhibée, rêvassant sans cesse à l’idée non avouée de sentir cet épiderme frôler la surface de sa propre peau. En frétiller de doux plaisirs. Bonheur improbable, qui balayeraient encore de nombreux printemps. Rencontre imaginaire qui ferait frissonner les hivers. Leurs phalanges se louangeant à tout hasard pour chasser le temps et briser la frontière des âges. Une fois, elle avait pu en ressentir la chaleur. Elle n’avait jamais tant souhaité un éternel recommencement.

MFL

Interruption…

•26 septembre 2013 • Un commentaire
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Je perdais mes repères. Une curieuse sensation de déséquilibre. Trop de proximité sans doute. L’espace entre les corps n’avait jamais été aussi vague. Une distance inespérée qui hurlait plus fort que l’absence. Les mots n’étaient plus qu’intervalles fragmentés, des offrandes complexes que ni un ni l’autre n’osait franchir. Ils se prononçaient à demi-ton. Imperceptibles. Les minutes dansaient dans la lumière des néons comme des traces de miel s’auréolant dans un ciel d’octobre. En fait, à l’aube de toutes les craintes, je pouvais entendre les murs en proie à de subtiles vibrations. Son souffle d’argiles. Puis des aiguilles qui arrachaient des mots et des sons essentiels afin  d’éviter toute compromission. La vitre traçait une ligne invisible, nous ignorions si elle devait pointer vers le haut ou vers le bas. J’observais. Il restait concentré. Impassible, rêvant sans doute de tous les autres malaises du monde. Des doutes coinçaient dans l’engrenage de la serrure. Je percevais des naufrages d’hésitations, des tic-tac d’ivresses. Il tremblait, son corps en entier vacillait pourtant chacun de ses gestes était franc et limpide. Incapable d’épeler les lettres du mot désir, je respirais, étirais et soupirais en silence.

 

MFL

Prince Arno. Prince Charmant…

•27 avril 2013 • 4 commentaires

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Au détour de ces mois où tous t’attendaient, j’ai imaginé des scénarios. Des esquisses de graphites, des angoisses serties de mille libertés, de craintes, de changements. Ce qui est bien avec la vie, est qu’elle laisse le temps aux idées de se faire un petit chemin à travers toutes nos certitudes. Aux idées nouvelles surtout.

Maintenant, c’est vrai. Tu n’existes plus simplement que dans le monde des mythes et des « peut-être » tu es être. Être en devenir, certes, mais avec toutes les possibilités du monde. De passions et de créations, tu sculpteras à ton tour ta place dans ce monde curieux. Je dis curieux car ce que je te souhaite le plus, c’est justement d’apprendre rapidement à devenir curieux. Un rêveur curieux. C’est ta curiosité qui te permettra de voir au-delà des grandes lignes que la vie se chargera de t’imposer. Petit prince d’une grande révolution. Au cours des mois à venir, nous allons apprendre à nous apprivoiser tranquillement toi et moi… Mais il faut que tu saches, que dès aujourd’hui, tu fais partie de ma vie. Tu es déjà un petit prince unique et important pour la suite du monde…

Bienvenue dans la vie, bienvenue dans ma vie.

Tatie

Dérangement…

•6 mars 2013 • Laisser un commentaire

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Il y a un tribunal fantôme qui se faufile insidieusement dans l’espace radical des promesses d’élaborations de territoires fauves. Des traces réfléchies qui nient des évidences contraires. Le tributaire de tous les intervalles et de chacune  des étendus printanières. Ils poussaient des cris de détresse, des têtes immobilisées dans des milliers de jarres d’orchidées. Des fleurs rouges, en vase clos. Les sentiments se permutent quand ils s’isolent dans un rapport égoïste entre la réalité et les faits. Celui qui reçoit les coups a toujours plus mal que celui qui espère qu’on les donne. Sinistrement malicieux.

Au jour de mars, il y avait l’avant. Les verdures glauques de l’été dernier. Pour parfumer les églises de pêches pas encore mûres. Ils condamnent. Mais ils n’y sont pas. Visionnaires d’un monde sans définitions. Soumissions devant l’illogisme, Obéissances à des millionnaires, Servilités aveugles, Docilités devant l’ignorance. L’éducation n’est pas un luxe. De tous les nécessaires du monde, elle est la seule à esquisser des possibles, à dessiner des mieux, à fragmenter les préjugés, à guérir, à défendre, à rassurer, à déranger…

MFL

Aquariums et autres nébuleuses…

•9 janvier 2013 • Laisser un commentaire

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Encore des histoires de princesses  délirant dans d’innombrables nuées d’improbabilités aux failles à peines retroussées. Des petits fragments de théories qui se perdent dans des Karmas aux apparences douteuses. Les plaisirs des uns sont des plaies sanguinolentes pour d’autres. Moi je m’amuse, inutile, entre les quatre verres de mon aquarium imaginaire. Que faire de plus ?  Attendre sagement le printemps pour partir à la chasse aux lys venimeux. Je partagerai les parfums futiles des roses en devenir. Florales passions de lait de corps subtil et déposé allègrement sur mes épaules dénudées. Au cœur de la nuit, les sens se sont libérés, imaginant ses bras ardents se promenant sauvagement sur toutes les surfaces sombres de mes désirs inavouables. Des pas décharnés, étranges et presque immobiles plongés dans des songes de plus en plus tactiles. Il faut désormais que j’amoindrisse sérieusement mon utilisation du mot princesse. Elles ne m’aiment pas plus que je les aime. Certes, j’en suis une. Je paierai. Ils ne partiront pas avant l’aube et ils ressusciteront une fois la nuit tombée. Les désirs. La folie est une soif innavigable, inassouvie et d’une tiédeur sans aucune indolence. Dans ses mains, une puissance, si vigoureuse, que les mots, eux-mêmes, pourraient céder. Qu’elles se concrétisent les effluves de ces solitudes partageant les vapeurs diffuses de ces nuits sans lendemains et de ces étoffes imbibées de proses luxuriantes.

MFL

 
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