Hiverner…

•9 décembre 2009 • Laisser un commentaire

J’hivernerai

Tu hiverneras

Il hivernera

Nous hivernerons

Vous hivernerez

Ils hiverneront

Amen

MFL

Correspondance…

•3 décembre 2009 • Un commentaire

Qu’il est étrange ce décembre qui se pointe le bout du mois. Comme un décembre blanc qui aurait résisté au temps des “bre” …  Plus fort que mon Octobre et mon Novembre qui n’ont jamais existés. Mon décembre chante des airs sourds et des chansons toujours vivantes qui se veulent rassembleuses. Elle le seront, mais comme si j’allais l’y rejoindre dans un Noël parallèle.

Ni à genoux, ni dans le ciel, simplement sur la terre. Cette année je veux de la musique, des rires d’enfants, des nuits blanches…

Avancer par réflexe, mais avancer tout de même. Ni plus comme avant ni plus comme demain, simplement dans un moment présent, réel et tangible, entourée de mes âmes amies…

Ni anesthésié par la crainte, ni débordant d’une naïveté folle, cette année, je veux de la musique, des rires d’enfants et des bulles…

Qu’il existe ce décembre…

MFL

Photo: Arrivée au Royaume des jouets
Parade du Père Noël Eaton, Toronto,
1930
Photographie noir et blanc (archives gouvernement Ontario)

Même les héros s’en vont…

•16 novembre 2009 • 6 commentaires

michel

S’il eût fallu que tu partes autrement…

 

Des mots à demi prononcés, des pensées furtives, aléatoires, décousues de sens, mais qui tournent et qui tournent encore. Nous nous battons à coup de pourquoi, mais sans jamais trouver de réponses au fragile.

 

Tu combattais comme tu vivais, authentique dans les structures, toujours fort, intelligent, astucieux, stratège et droit dans les courbes comme dans les droites. Et cette foi, cette inébranlable foi en la vie, qui se lisait dans chacun de tes gestes, et qui toujours témoignait de ton amour du monde, de ton monde.

 

Des ponts érigés en béton, des structures familiales coulées dans l’or massif, tu préférais toujours l’action aux mots.

 

Héros tranquille, silencieux, sculpté dans le temps qui passe, tu étais présent, toujours, sans jamais rien demander en retour.

 

De toi, j’ai appris que le bonheur se trouvait autour du verre de vin qu’on buvait sur une terrasse avec toute la famille, en rêvant de Provence, en rêvant d’un pays. Et ce, qu’il « soleil » ou qu’il pleuve. Les plaisirs simples mais partagés. Peu importe qui se trouvait sur la scène, pourvu qu’on l’écoute et le regarde ensemble.

 

De Montréal à Québec, en 2h. De vélo sur l’île Verte, de vol de nuit, de soirées électorales, de terrasses en février, de derniers petits verres de Porto avant de rentrer…

 

De pique-niques, de roue de minuit, de feux de camp, d’échelles en équilibre instable, de tartes au sucre…

 

De Dame de pique, de passez go et réclamer 200$, d’Hercule Poirot, de «ça va bien! »…

 

De ces petites choses qui vont continuer, mais sans toi, j’ai la nostalgie infinie… Rien ne sera plus jamais comme avant, ce n’est pas un chantier terminé que tu nous laisses cette fois-ci…

 

Arsène Lupin disait que l’aventure ce n’était pas de dire « toujours » mais de dire « tout de suite! »… C’est sans doute pour cela qu’il fût si longtemps ton complice…

 

Malheureusement, on ne peut pas remporter toutes les parties, car, comme tu le sais maintenant, la vie aussi à appris à tricher… Aujourd’hui, ce n’est que mon regard triste qui s’esquisse dans le reflet de la fenêtre.

 

 

Salut!

 

Canine de Yorgos Lanthimos, primé au FNC…

•20 octobre 2009 • 6 commentaires

19106014

Samedi soir les membres du Jury du FNC remettaient la Louve d’or de sa 38 ième édition au réalisateur grec Yorgos Lanthimos, pour son excellent film Canine . Cette oeuvre « mordante » (on me pardonnera le jeu de mot) avait déjà remporté le prix du jury: « Un Certain Regard » lors de la dernière édition du festival de Cannes en mai dernier. Objet étrange dans l’univers cinématographique, Canine se situe à la limite entre la fable politique et le film fantastique. Dans cet univers hermétique où le malaise côtoie l’absurde, les personnages dansent entre la vie et l’oubli.

Les trois enfants de cette famille isolée vivent dans une grande maison, bordée d’une clôture haute, et n’ont aucun contact avec le monde extérieur. À l’intérieur de cette métaphore, un univers unique où tous les codes sont réinventés. Un Zombie devient ici une petite fleur jaune et un chat, un animal dangereux, sans pitié et sanguinaire qui se nourrit de chaire humaine. Dans ce monde hors réel, 2 règles importantes; premièrement, un enfant peut quitter le nid familial le jour où sa canine gauche (ou la droite) tombe. Ensuite, la seule manière de pouvoir quitter cette maison est de partir en voiture. Dans les faits, les enfants ne le savent pas, mais ces règles sont leur sentence car ils ignorent que ceci n’arrivera jamais et qu’ils sont par ce fait, condamnés à vivre dans cette prison toute leur vie. Jour après jour on assiste à un spectacle d’une grande cruauté, axé sur les jeux de pouvoir et de domination. Paradoxalement cette notion de malheur n’est présente que dans le regard du spectateur qui souhaiterait imposer sa vision du monde à ces enfants au point de leur en vouloir de ne pas être malheureux de la vie qu’ils mènent, eux qui n’ont jamais connu de la vie que ce qu’on leur en a raconté, que ce qu’ils ont vu. Dans les faits ils mènent une vie de famille complète, entourés de frères et sœurs complices avec qui ils peuvent faire les cents coups et de parents prêt à tout pour le bonheur de leurs enfants…  Mais  à quel point peut-on raconter n’importe quoi aux enfants? À un peuple?

C’est là que les questionnements se multiplient. Peut-on trouver le bonheur sans n’avoir jamais su comment était le reste du monde? Dans quelles limites une société soumise à un régime dictatorial et coupée du monde entier peut évoluer et se créer une vie heureuse? Une conception du monde en vaut-elle une autre? D’un paradigme à l’autre, d’une prise de conscience à une autre, le réalisateur nous entraîne dans les profondeurs nébuleuses de la vie et de l’esprit humain, en questionnant les codes établis. Le tout, orchestré dans une mise en scène d’une très grande cohérence où, de minute en minute, les limites qu’on croyait atteintes se succèdent pour surprendre et déstabiliser un peu plus à chaque instant. Le climat de malaise constant contribue également à provoquer le récepteur en lui donnant l’impression de le regarder droit dans les yeux.

En somme un film d’une belle sensibilité, qui amène une réflexion sur le monde et ses évidences, qui bouleverse l’ordre établi en posant de graves questions et ce, jusqu’à la toute dernière seconde de la projection. Le tout avec une pointe d’humour qui à quelques moment permet au spectateur de reprendre son souffle…

Espérons que ce film sera présenté à Montréal sous peu…

*** Ce billet est également disponible ICI

Salut Pierre!

•28 septembre 2009 • 10 commentaires

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“Chaque Film, chaque maison, chaque poème, chaque robe, chaque chanson que nous créons fait exister le Québec, un peu plus chaque jour. Nos chefs d’œuvres , comme nos cochonneries. Parce que ce sont nos cochonneries. Le Québec existe dans nos rêves. Par nos rêves. Et le jour où nous cesserons de rêver, le pays mourra.”  P.Falardeau

J’aimais , non j’aime Pierre Falardeau. En fait, je l’aime comme j’aime les gens intelligents, comme j’aime les gens qui ont le courage de leurs idéaux dans un univers aseptisé où chaque être humain qui a le courage de s’exprimer se fait systématiquement traîner dans la boue. Je vénère le courage de ceux qui choisissent de se faire des ennemis. La liberté de penser est de plus en plus mise en péril et les médias de masse contribuent à entretenir la pensée unique et aseptisée. Triste. Désolant. J’ai bien peur que depuis vendredi soir la liberté ne soit plus qu’une marque de yogourt… Mais j’ose encore rêver que non.

Ils n’ont pas tort les fédéralistes qui se réjouissent de la mort du cinéaste, car depuis hier, la cause de la liberté est maintenant presque éteinte… Il y a eu Bourgault et maintenant lui… La relève étant absente, je crains qu’il soit difficile d’assurer le suivit d’une cause restée pratiquement sans voix. Quoi que hier soir, d’entendre Ariane Moffat affirmer que plus que jamais, elle avait le désir de se battre pour la liberté et la survie de son peuple m’a envoyé tout plein d’étoiles dans le cœur.

Je n’ai jamais compris pourquoi les gens étaient si frileux, pourquoi ils craignaient tant ceux qui affirmaient leurs idées. Au contraire, il n’y a qu’eux qui méritent réellement notre respect, qu’on soit en accord ou non avec leurs discours. Ils sont importants ces grandes gueules car il n’y a qu’eux qui éveillent les consciences, qui réveillent les masses endormies et qui invitent des sujets à l’ordre du jour. Un monde sans pamphlétaires sans polémistes ou personnages plus grands que nature serait gris et terne… (Il le devient d’ailleurs) Je ne veux pas d’un univers monochrome…  Hélas, il semble que c’est ce genre de vie dont la population rêve. La routine sans heurt et un écran plasma pour pouvoir regarder Le Banquier à sa guise en écoutant les voix sans âmes des académiciens. La vie est courte, elle passe et reprend, il faut la déjouer en la provoquant, en réagissant, en prenant des risques, on n’a jamais rien d’autre à perdre que la vie en fait. Falardeau rêvait d’un monde où les gens avaient l’espoir de se battre pour leur survie et d’une vie qu’on pouvait sculpter de nos propres mains comme tant de pays qu’on a le droit de se créer, de s’approprier.

Il disait: « L’important n’est pas de bien ou de mal en parler mais d’en parler »… Voilà! Et dans le meilleur des mondes de pouvoir en parler dans notre propre langue. Il y a un peu plus d’un an, ici même, je rédigeais  cet  hommage aux penseurs insoumis,  pour ceux qui n’ont pas peur de prendre des risques, ceux qui cherchent à comprendre, qui vivent pour les autres et pas seulement pour eux-même… Les chercheurs de rêves, les déchiffreurs de mots… Ceux qui à coup d’essais et d’erreurs apprennent à marcher en tombant ici et là sur le parcours atypique de l’histoire du monde. Ils ne sont pas nombreux, le courage que tout cela demande est si grand que très peu d’êtres humains ont cet oubli de soi-même, cet altruisme, ce coeur, ce si grand coeur. Des « imagineurs » qui ont dans le regard cette petite flamme qui vacille, qui ne s’éteint jamais, même avec un oeil au beurre noir dans le plus profond de l’âme…

Falardeau était de ceux là, je connais très peu de ses détracteurs capable de semer le discours de Frantz Fanon aux quatre vents, de citer tous les grands auteurs et philosophes… Tout comme je connais très peu de fédéralistes capable de comprendre ce qu’est la survie d’un peuple…Ce que c’est que de devoir se battre à tous les jours pour exister. Falardeau ne se battait pas que pour la survie du Québec, il appliquait ses principes d’égalités à tous les peuples opprimés vivant sur cette planète. Rêver de liberté à coup de mots, de créations et de plumes… On sait tous que tous les terroristes du monde utilisent ces moyens pacifiques…

En fin de semaine ce n’est pas qu’un intellectuel que le Québec a perdu, c’est un grand artiste, un réalisateur brillant, touchant comme on en a plus beaucoup ici. Il en mangeait du cinéma, il s’est battu toute sa vie pour obtenir le droit de faire les films qu’il voulait sans jamais faire de compromis. Son oeuvre est immense, de larmes en prises de consciences, d’éclats de rires en dénonciations de colères qui dansent avec la vie, avec le réel, avec toute la passion du monde mais également avec tout le savoir faire du monde et toute la sensibilité du monde, dans chaque plan dans chaque réplique… Il ne faisait pas de film en fonction du box office, il faisait des films parce que pour lui c’était sa propre survivance qui passait par là, c’était son cri, sa jouissance, son salut.

Il y a de ces vides qu’on ne peut pas remplir, des espaces qui nous laissent sans voix. Vide social, vide artistique… Le cinéma d’ici est aujourd’hui, amputé d’un membre important, mais son oeuvre est désormais immortel (tant qu’il y aura des gens qui sauront comprendre la langue de ses personnages…) Aujourd’hui, j’ai envie de crier, de sortir ma plume, mais avant tout, je voulais saluer le départ d’un être humain comme il n’y en a plus.

Miron n’est plus…

Bourgault n’est plus…

Félix n’est plus…

Pauline n’est plus…

Aujourd’hui Pierre n’est plus…

Il y a une chose que ces vides me confirment à chaque fois, une certitude aussi sublime qu’une pleine lune de printemps, c’est qu’il faut continuer à se battre… Je ne sais pas où ils sont maintenant, mais le chemin qu’ils ont mis une vie à défricher doit être dès aujourd’hui, le terrain sur lequel nous construirons les bases d’un pays libre, libre de géographie, libre de droit, libre de langage et surtout et avant tout: libre de penseurs…

Salut Pierre!

MFL

Heureux anniversaire Madeleine… (réédition)

•17 septembre 2009 • 5 commentaires

Aujourd’hui étant le 85 ième anniversaire de naissance de Madeleine, (plus communément appelé Grand-Maman) j’ai eu envie de profiter de cette occasion afin de rééditer le texte que j’avais écris pour elle, ici même, il y a un peu plus d’une année…  Alors juste pour toi grand-maman…

mado

“Elle aura 84 printemps. D’une saison à l’autre les choses n’ont pas toujours été simples pour elle. La vie est une valse ouverte et imprévisible, capable d’invoquer, d’apaiser de bouleverser chaque petit moment d’existence. Exister est un privilège, pas un droit. Mais le prix est souvent élevé. Trop souvent, les épreuves sont injustes. La liberté n’est qu’illusoire, si elle ne s’inscrit pas d’emblée, il faut savoir l’inventer, se la créer, savoir esquisser les lignes de sa propre liberté. être en mesure de la reconnaître dans les coins sombres de la solitude, dans les clairs-obscurs d’une vie bien souvent indocile et insoumise aux volontés humaines de l’insurrection silencieuse, de celles qui savent résister. Quelquefois, il faut savoir accepter… J’ai toujours craint plus que tout au monde la résonance du mot « résignation » quand il était questions d’acceptation. Peut-être qu’il me faudrait apprendre à isoler les mots, à ne pas les confondre, peut-être que d’accepter c’est tout simplement de continuer à avancer… « Le dur désir de durer » dirait Paul Éluard.

Je m’égare…

De mon côté, je me triture le cerveau à coup de questionnements inintéressants, je recule plus que j’avance, j’hésite, je laisse mourir les heures, je cherche sans cesse, mais je ne trouve rien, j’apprivoise les idées noires. J’observe la fumée frôler l’éphémère, brûlant du coup mes dernières certitudes, derniers jalons de mon univers impossible…

Au cours de ses 84 ans de vie, elle a vu mourir tragiquement deux de ses enfants, sensation étrange et inimaginable pour qui ne l’a pas vécu. Drame incompressible, destin tragique, scénario qui en lui seul, renferme le pire, l’impuissance… Juxtaposé à cela, plus rien ne semble réel, tout s’envol vers le futile et l’absolu improbable.

Pourtant…

Pourtant, en fin de semaine, elle m’a dit à quel point elle trouvait dont la vie belle. « La vie est tellement belle! » « J’aime la vie! » Moi je la trouve belle par l’émerveillement constant qu’elle m’apporte, pour cette chance que j’ai d’y participer… Les mots sont tellement simples qu’ils m’inquiètent…

La vie est simple, les chemins qui mènent au bonheur sont mystérieux, j’imagine que c’est comme la liberté, il faut l’inviter à danser aussi. Ces mots forment un cafouillage hallucinant dans ma tête depuis, ils m’obsèdent… Je vais essayer de miser sur l’imprévisible heureux.

Je ne savais pas quoi lui répondre, je lui ai souris… Comme je l’aime, merci de m’avoir transmis autant de folie!”

MFL

(Photo souvenir illustrant bien mon propos:  Mado, prenant des cours de batterie à la fin d’un party (vers 7h du matin!!!)  janvier 2008, de quoi faire sourire Danny son professeur de musique!)

Cerises de terre…

•28 août 2009 • 2 commentaires

Vincent-van-Gogh-Jardin-DAutomne

Y’a un parfum de basilic qui flotte dans l’air… Légèrement épicé, avec une touche de piment fort. Une effluve de marché, certes, mais une odeur de rentrée avant tout. Des pommes et des pommes dans des boîtes à lunch, des jours d’angoisses, de surprises et d’espoirs, des regards effrayés d’autres abandonnés, certains fébriles, des crayons affutés, des chaussures neuves, des flash back et des lundis soirs sombres. Sur les trottoirs les gens s’entrecroisent, les pas sont plus rapides, certains sont hésitants, les routes n’ont plus de traces de vacances dans leur achalandage. Des heures matinales, des émissions de radio et des réveils matin qui chantent. Parfois, j’ai le sac à main nostalgique. Cette année c’est ma première “non rentrée” à vie. Un premier été sans escale, pas de chaussures neuves (Ah!  Si au fait, des mauves!) pas de nouveaux horaires, pas de nouveaux défis, pas de feuilles blanches à dessiner, pas de bouquins à surligner, pas de fin de session, niet… Qu’une absence de…

Y’a des passages plus difficiles parfois… Je vais aller m’acheter des crayons de couleurs je crois… En attendant ma prochaine session!

MFL

Toile: Jardin d’automne Vincent Van Gogh

Lézard interactif …

•15 août 2009 • 8 commentaires

mario

Lézard virtuel, interactif,  tendre musique de mon enfance, sous des champignons qui poussent et des étoiles qui rendent immortel. Un plombier à la rescousse d’une curieuse princesse et des attaques de tortues marteaux. J’ai la nostalgie chaude ce samedi. Une nostalgie tranquille, j’erre dans des tuyaux verts et je regarde les framboises pousser tranquillement au rythme du virtuel. Le vin blanc réchauffe autant qu’il euphorise l’atmosphère ludique, symptomatique de ce jour d’hui. Il y a longtemps, dans le jadis des jours perdus, je me voulais héroïne de mes jours et stratège des univers merveilleux. Aujourd’hui, Mario délivre des princesses archaïques, au son d’une mélodie rassurante. Toujours la même princesse, mais quelques rides aux coins des yeux. Regard peut-être esquissé par l’alcool et les les délires adolescents, mais toujours absorbé par le même bonheur du jeu pour le jeu. On me disait: « à quoi on joue? » et la folie des mondes imaginaires s’en mêlait, pas de dieux sanguinaires, pas de temps perdu, juste de l’instant présent, présent, investi comme il ce doit, à découvrir le monde. Adulte, on se moque de mes légumes virtuels et de mes champs de lavandes, et de mes heures mal investies…  Mais ces heures passées en bonnes compagnie ne sont-elles pas les plus merveilleuses, celles qui font sourire, celles qui font en sorte que l’adulte devenu reprend contact avec les joies de l’enfance?? Demain matin, je grignoterai des croissants, café à la main en plantant quelques pousses de blé. Le soleil sera encore plus dans le jeu et juste un peu moins dans le ciel. Je ne serais jamais totalement “Zadulte”.

Oui la nostalgie se perd…

MFL

Pop corn…

•10 août 2009 • 5 commentaires

popcorn71-1

Je veux jouer à la grande sœur, visiter les boutiques du plateau et du centre-ville, squatter les salles de ciné et les fins de soirée en pyjama avec mon regard d’ado sur des comédies romantiques, grignoter du popcorn et du chocolat en dessinant le sourire heureux de ces petites occasions qui font les grandes rencontres. Parfois, j’ai le cœur au singulier, et l’esprit à la normalité, moi aussi, simplement pour faire plaisir, car, quoi de plus chaud, qu’un moment comme ça. Partager deux jours avec un hologramme de son passé. La famille a ce pouvoir. Je l’aime d’autant plus. Il sont déjà loin les moments où je la gardais, aujourd’hui, on sort entre filles…. Parce qu’ainsi le cœur fait « pop !!»

Et le temps passe…

MFL

Médiator…

•17 juillet 2009 • Laisser un commentaire

ADG-EBENE-B

Quand par des moments passé j’ai repensé, tu es apparu, comme un mirage lointain, comme un souvenir appartenant à une vie révolue. Fluide illusion d’années d’avant ,de temps d’avant de réalité d’avant. Quelques printemps sur deux pattes, un âme révoltée qui se cherche un ailleurs dans tes yeux, derrière tes notes. Comme lorsque le musicien joue de ses mains sur un morceau de bois, aurait dit Cabrel. Hissé à mon cou tu as voyagé de par le monde, fixe, ne doutant jamais de ta propre présence, de ton influence, encore. Je sais pas pourquoi je repense à ça ces jours ci. D’un vidéo pigé sur Youtube à un souvenir gravé sur le parcours de mon devenu. Tu poursuis ta route dans ton univers parallèle, il me semble, mais tu apparais désormais sans tes propres mots, à jamais effacé derrière l’ambition oubliée. Je suis ailleurs, il me semble…

MFL

Comme les bulles…

•14 juillet 2009 • 6 commentaires

verres

La nuit s’éteint paisiblement, évanouie avec douceur dans des échos de rires, dans les mémoires tranquilles et les éclats de voix. Les bouteilles amies ont rejoint les flûtes vides, l’élixir de bonheur n’est plus qu’impression, la fête s’est évaporée tout comme les convives. Une dernière coupe de champagne en rangeant rêveusement les ruines d’une illusion merveilleuse. Dehors le soleil se lève déjà, il rejoint la lune dans un silence complice, sur la terrasse, paisible, je grille une première clope, avant d’aller rejoindre Morphée, dans un écrin de fumée solitaire. J’aime cet instant intangible. Ce moment où le taciturne valse avec le matinal. Mémoire de fantômes de la nuit délirante, seule rescapée d’une tempête festive, d’une commémoration symbolique, effervescente…  Comme les bulles.

MFL

Coup de clous… (éphémère d’un samedi après-midi pluvieux)

•11 juillet 2009 • 4 commentaires

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Zones grises, aux refrains insoumis.

Elle porte une croix à son cou. Une croix de fer, une croix de bois, elle ne sait pas, mais elle boit. Lorsqu’on la croise elle n’est jamais la même, parfois c’est elle, parfois c’est une autre, elle ne croit pas, mais elle espère. Est ce que croire est espérer? Pourquoi faut-il toujours être un autre? Un être humain aux critères flous et aux valeurs assimilables… Un de plus? Lorsqu’elle caresse les cordes de son instrument de bois, elle fausse les notes, les notes des autres,  jamais les mêmes. Lorsqu’elle caresse des corps amis, elle fait fausse route, elle pense à un, et un à un ils ne s’effacent pas. Les souvenirs la hante, ils hantent l’espace qui ne s’oublie jamais.

Elle parfume l’instant pluvieux de refrains amis, d’airs anciens de mots d’amour et de plumes d’oies. Elle ferme les yeux pour mieux suivre la parade, mais elle glisse toujours sur les mêmes routes…

L’espace est fragile…

Vivement le soleil et le champagne!

MFL

Version noire sur tableau blanc…

•2 juillet 2009 • 7 commentaires

Ils tonnerrent, ils s’attachent aux mats des tentations pour éviter d’y succomber. Mais ils ne vivent pas. Ils planent entre le vide et la mer. Trop heureux pour penser, trop triste pour voir qu’il y a le monde qui les entoure. Le regard focus le miroir de leur seule existence, de leurs seuls drames de leurs uniques reflets. D’une singularité égoïste ils craquent pour le charme dangereux des gourous de l’illusion, ils menacent des vies pour leur plaisir d’être l’unique vérité. Parcelle d’orage dans un univers démocratique. Changement de ton. S’ils n’y étaient pas, il n’y aurait plus de monde. Ils oublient encore la deuxième version? Et si cette version décriée était la bonne? En définitive? J’ai une envie folle, irrésistible de dire noire quand tout le monde dit blanc.

MFL

(Mark Rothko: sans titre, 1969-1970)

Canadiens, Canadiennes…

•1 juillet 2009 • 15 commentaires

Canadiens, Canadiennes

En ce jour important pour tous les canadiens et toutes les canadiennes d’un océan à l’autre, j’ai le plaisir  de vous faire part d’une très bonne nouvelle!

En effet, aujourd’hui, le premier juillet de l’an 2009, en ce jour pluvieux,  le Québec DÉMÉNAGE!

Ah, ais-je encore le droit d’y rêver…

MFL