immuablement…
•18 janvier 2010 • 9 commentairesÉlectricité…
•7 janvier 2010 • 12 commentairesLe calme plat. Silence abusif…
Il fait de plus en plus froid, mais j’aime bien. Bas de laine, pantoufles de poil et béret de laine tricoté par grand-maman… Vautrée dans mes couvertures polaires, j’écoute le tic tac du temps…
Maupassant et quelques guimauves grillées à la chandelle suffisent amplement à me réchauffer…
Heureux petits moments de bonheur frisquet au cœur d’un jeudi après midi hivernal…
MFL
Haut dans les airs…
•5 janvier 2010 • 2 commentairesHaut dans les airs, (Up in the air) adaptation d’un roman de Walter Kirn et dernier opus du réalisateur Jason Reitman, qui nous avait déjà offert (entres autres) l’excellent Juno en 2007, est un sympathique coup de poing à la figure de notre monde de communication moderne.
Dans un décor de fin du monde économique et hermétique comme une cabine pressurisée et sans âme, Ryan Bingham traverse les Etats-Unis d’un ciel à l’autre afin de jouer le rôle du bourreau chargé de congédier les employés de diverses compagnies, suppléant ainsi à des directeurs d’entreprises qui n’ont pas le courage de faire face à la situation. Des dirigeants qui refusent ce dernier face à face avec des êtres humains qui ont consacré une partie de leur vies à travailler pour eux.
Tous les jours, Ryan Bingham valse avec la détresse humaine, avec le sentiment de rejet, d’inutilité et de désespoir qui anime les êtres humains alors qu’ils se trouvent confrontés à cette sentence, souvent subite. Dans un univers déshumanisé, où ce contact humain devient leur seul salut, on projette de centraliser cette mission autour d’écrans LCD, afin de maximiser les profits tout en diminuant les coûts de production. En somme, on propose d’optimiser les technologies modernes afin de pouvoir mettre de l’avant une stratégie de mise à pied massive, de congédiements en série, le tout en se débarrassant définitivement du contact humain, dernier bastion d’une société archaïque et civilisée.
À la tête de cette « révolution », Anna, une jeune diplômée, brillante et ambitieuse qui croit sincèrement en ces technologies nouvelles qui l’on vu naître, et qui confère à cette nouvelle génération un avantage certes, mais à quel prix? Anna, réfute sans questionnement les méthodes anciennes (si on peut les nommer ainsi) et dans cet aveuglement, impose ses idées comme étant non seulement une solution, mais comme étant un pas à franchir dans un engrenage de « non retour » telle une bombe déjà amorcée qu’on ne peut plus fuir. Pour Anna, la technologie qu’elle chérie tant est devenu la seule manière de faire les choses si on veut être de son temps. On doit congédier les êtres humains par vidéo conférence parce que c’est ainsi en 2009 point! Elle ne déroge pas de cette idée jusqu’au jour où son « petit ami » la largue par SMS et qu’elle accuse le coup en se plaignant que c’est tellement pas humain de procéder de la sorte. Elle se retrouve alors une victime au centre même de ce paradoxe qu’elle a elle-même engendré.
Le film repose sur cette dichotomie constante qui balance entre technologie (qu’on à tendance à confondre avec évolution) et sentiments humains, ce sujet quasi tabou, repère tranquille, ou l’être humain n’a pas évolué depuis son apparition sur cette terre.
Ryan croit en cette méthodologie qui à fait ses preuves, aux contacts humains, mais, ironiquement, tout dans sa vie hermétique l’éloigne des contacts humains, au point tel où lorsqu’il se retrouve avec ses propres sœurs, le malaise est si fort qu’ils n’ont pas deux mots à se dire. Sa vie se résume à un désir obsessif d’accumuler toujours plus « d’airs miles » et d’évacuer toute possibilité de laisser enter des sentiments réels dans sa vie et son cœur. De son côté Anna rêve de grands amours, de cœurs qui battent en simultanés, de famille, de mariage et d’enfants. Renforçant du coup cette antinomie qui guide le spectateur tout au long de cette parabole contemporaine.
Ces contradictions guident certes, mais provoquent également le récepteur au cœur de ces propres convictions. Tout s’oppose, tout se construit et se déconstruit, mais du même coup, tout s’amalgame.
Les avancés technologiques ne pourront jamais remplacer une véritable rencontre entre deux êtres humains. Le regard que l’on porte tant sur les nouvelles procédures de fonctionnements que sur les réseaux sociaux, n’est pas irréfutable. Les technologies nouvelles doivent devenir un moyen et non un but. Tout comme un Monsieur Patissot (tel que décrit par Maupassant au 19e siècle) ne trouvera jamais les amitiés qu’il recherche tant, dans ses équipements « modernes » et hors de prix qu’on lui vend afin de combler le vide de ses dimanches de solitude…
En bref, ce film, au rythme saccadé et à l’humour lacéré, évite de tomber dans de nombreux pièges typiques du cinéma commercial tout en conservant sa trajectoire de départ soit :semer des pistes de réflexions, de Chicago à Miami, d’un coin à l’autre d’un monde occidentale, le tout avec la constance et la froideur d’un avion de ligne. Brillant.
MFL
Dix…
•2 janvier 2010 • Laisser un commentaireChaque année nouvelle amène ses propres fins du monde. Souvent les petites fins du monde sont bien plus angoissantes que les globales. Question de justice sans doute. Difficile d’éviter les « pourquoi moi ? » …
Chaque année nouvelle ressuscite d’anciens fantasmes jamais enterrés bien loin, ces désirs jamais assouvis nous accompagnent tout au long de nos vies, ils vont et ils viennent mais ils brûlent toujours…
Chaque année nouvelle se transforme en un immense chapeau blanc remplis de billets d’espoir, qu’on espère toujours piger, qu’on rêve éveillé à toutes les nuits, et qui se valsent quand on recommence à y croire…
Chaque année nouvelle ne vient jamais seule, elle entraîne dans son sillage: questions sans réponse et mystères en tuxedo noir…
2010 se parfume d’envie, de besoins, de constats, de peurs et d’angoisses, d’idées folles…
Oui des idées folles qui n’ont qu’un seul but: raconter au monde entier qu’on existe et briser cette insoutenable solitude…
Je me raconte des histoires, j’ai toujours aimé les histoires, j’aime même celles qui se terminent bien…
Heureuse année!
MFL
Clore l’an neuf…
•29 décembre 2009 • 2 commentairesJe n’ai pas essayé de fixer l’intangible dans une forme de rétrospective simili annuelle. Je n’aurais rien eu a respecter. Je ne souhaite que clore, clore comme on ferme les yeux durant un film d’horreur. Fermer, éteindre. Je ne “résolutionne” pas. Je veux commencer. Simplement commencer. Nullement pour recommencer mais pour enfin espérer avancer.
Je me souhaite dormante et allégée
Vivante et revenante…
Je veux me saouler de théâtre, de mot d’autres et de nuits paisibles.
Je me rêve rassurée et calme.
Apaisée enfin et délirante d’instinct.
Improbable de joies attendues et planante de jouissances assumées
Je le veux neuf mon deux mille dix
Je ferme les yeux sur une année à oublier et je saute dans la suivante simplement heureuse d’y être…
MFL
Hiverner…
•9 décembre 2009 • Laisser un commentaireJ’hivernerai
Tu hiverneras
Il hivernera
Nous hivernerons
Vous hivernerez
Ils hiverneront
Amen
MFL
Correspondance…
•3 décembre 2009 • Un commentaireQu’il est étrange ce décembre qui se pointe le bout du mois. Comme un décembre blanc qui aurait résisté au temps des “bre” … Plus fort que mon Octobre et mon Novembre qui n’ont jamais existés. Mon décembre chante des airs sourds et des chansons toujours vivantes qui se veulent rassembleuses. Elle le seront, mais comme si j’allais l’y rejoindre dans un Noël parallèle.
Ni à genoux, ni dans le ciel, simplement sur la terre. Cette année je veux de la musique, des rires d’enfants, des nuits blanches…
Avancer par réflexe, mais avancer tout de même. Ni plus comme avant ni plus comme demain, simplement dans un moment présent, réel et tangible, entourée de mes âmes amies…
Ni anesthésié par la crainte, ni débordant d’une naïveté folle, cette année, je veux de la musique, des rires d’enfants et des bulles…
Qu’il existe ce décembre…
MFL
Photo: Arrivée au Royaume des jouets
Parade du Père Noël Eaton, Toronto, 1930
Photographie noir et blanc (archives gouvernement Ontario)
Même les héros s’en vont…
•16 novembre 2009 • 6 commentaires
S’il eût fallu que tu partes autrement…
Des mots à demi prononcés, des pensées furtives, aléatoires, décousues de sens, mais qui tournent et qui tournent encore. Nous nous battons à coup de pourquoi, mais sans jamais trouver de réponses au fragile.
Tu combattais comme tu vivais, authentique dans les structures, toujours fort, intelligent, astucieux, stratège et droit dans les courbes comme dans les droites. Et cette foi, cette inébranlable foi en la vie, qui se lisait dans chacun de tes gestes, et qui toujours témoignait de ton amour du monde, de ton monde.
Des ponts érigés en béton, des structures familiales coulées dans l’or massif, tu préférais toujours l’action aux mots.
Héros tranquille, silencieux, sculpté dans le temps qui passe, tu étais présent, toujours, sans jamais rien demander en retour.
De toi, j’ai appris que le bonheur se trouvait autour du verre de vin qu’on buvait sur une terrasse avec toute la famille, en rêvant de Provence, en rêvant d’un pays. Et ce, qu’il « soleil » ou qu’il pleuve. Les plaisirs simples mais partagés. Peu importe qui se trouvait sur la scène, pourvu qu’on l’écoute et le regarde ensemble.
De Montréal à Québec, en 2h. De vélo sur l’île Verte, de vol de nuit, de soirées électorales, de terrasses en février, de derniers petits verres de Porto avant de rentrer…
De pique-niques, de roue de minuit, de feux de camp, d’échelles en équilibre instable, de tartes au sucre…
De Dame de pique, de passez go et réclamer 200$, d’Hercule Poirot, de «ça va bien! »…
De ces petites choses qui vont continuer, mais sans toi, j’ai la nostalgie infinie… Rien ne sera plus jamais comme avant, ce n’est pas un chantier terminé que tu nous laisses cette fois-ci…
Arsène Lupin disait que l’aventure ce n’était pas de dire « toujours » mais de dire « tout de suite! »… C’est sans doute pour cela qu’il fût si longtemps ton complice…
Malheureusement, on ne peut pas remporter toutes les parties, car, comme tu le sais maintenant, la vie aussi à appris à tricher… Aujourd’hui, ce n’est que mon regard triste qui s’esquisse dans le reflet de la fenêtre.
Salut!
Canine de Yorgos Lanthimos, primé au FNC…
•20 octobre 2009 • 6 commentaires
Samedi soir les membres du Jury du FNC remettaient la Louve d’or de sa 38 ième édition au réalisateur grec Yorgos Lanthimos, pour son excellent film Canine . Cette oeuvre « mordante » (on me pardonnera le jeu de mot) avait déjà remporté le prix du jury: « Un Certain Regard » lors de la dernière édition du festival de Cannes en mai dernier. Objet étrange dans l’univers cinématographique, Canine se situe à la limite entre la fable politique et le film fantastique. Dans cet univers hermétique où le malaise côtoie l’absurde, les personnages dansent entre la vie et l’oubli.
Les trois enfants de cette famille isolée vivent dans une grande maison, bordée d’une clôture haute, et n’ont aucun contact avec le monde extérieur. À l’intérieur de cette métaphore, un univers unique où tous les codes sont réinventés. Un Zombie devient ici une petite fleur jaune et un chat, un animal dangereux, sans pitié et sanguinaire qui se nourrit de chaire humaine. Dans ce monde hors réel, 2 règles importantes; premièrement, un enfant peut quitter le nid familial le jour où sa canine gauche (ou la droite) tombe. Ensuite, la seule manière de pouvoir quitter cette maison est de partir en voiture. Dans les faits, les enfants ne le savent pas, mais ces règles sont leur sentence car ils ignorent que ceci n’arrivera jamais et qu’ils sont par ce fait, condamnés à vivre dans cette prison toute leur vie. Jour après jour on assiste à un spectacle d’une grande cruauté, axé sur les jeux de pouvoir et de domination. Paradoxalement cette notion de malheur n’est présente que dans le regard du spectateur qui souhaiterait imposer sa vision du monde à ces enfants au point de leur en vouloir de ne pas être malheureux de la vie qu’ils mènent, eux qui n’ont jamais connu de la vie que ce qu’on leur en a raconté, que ce qu’ils ont vu. Dans les faits ils mènent une vie de famille complète, entourés de frères et sœurs complices avec qui ils peuvent faire les cents coups et de parents prêt à tout pour le bonheur de leurs enfants… Mais à quel point peut-on raconter n’importe quoi aux enfants? À un peuple?
C’est là que les questionnements se multiplient. Peut-on trouver le bonheur sans n’avoir jamais su comment était le reste du monde? Dans quelles limites une société soumise à un régime dictatorial et coupée du monde entier peut évoluer et se créer une vie heureuse? Une conception du monde en vaut-elle une autre? D’un paradigme à l’autre, d’une prise de conscience à une autre, le réalisateur nous entraîne dans les profondeurs nébuleuses de la vie et de l’esprit humain, en questionnant les codes établis. Le tout, orchestré dans une mise en scène d’une très grande cohérence où, de minute en minute, les limites qu’on croyait atteintes se succèdent pour surprendre et déstabiliser un peu plus à chaque instant. Le climat de malaise constant contribue également à provoquer le récepteur en lui donnant l’impression de le regarder droit dans les yeux.
En somme un film d’une belle sensibilité, qui amène une réflexion sur le monde et ses évidences, qui bouleverse l’ordre établi en posant de graves questions et ce, jusqu’à la toute dernière seconde de la projection. Le tout avec une pointe d’humour qui à quelques moment permet au spectateur de reprendre son souffle…
Espérons que ce film sera présenté à Montréal sous peu…
*** Ce billet est également disponible ICI…
Salut Pierre!
•28 septembre 2009 • 10 commentaires
« Chaque Film, chaque maison, chaque poème, chaque robe, chaque chanson que nous créons fait exister le Québec, un peu plus chaque jour. Nos chefs d’œuvres , comme nos cochonneries. Parce que ce sont nos cochonneries. Le Québec existe dans nos rêves. Par nos rêves. Et le jour où nous cesserons de rêver, le pays mourra. » P.Falardeau
J’aimais , non j’aime Pierre Falardeau. En fait, je l’aime comme j’aime les gens intelligents, comme j’aime les gens qui ont le courage de leurs idéaux dans un univers aseptisé où chaque être humain qui a le courage de s’exprimer se fait systématiquement traîner dans la boue. Je vénère le courage de ceux qui choisissent de se faire des ennemis. La liberté de penser est de plus en plus mise en péril et les médias de masse contribuent à entretenir la pensée unique et aseptisée. Triste. Désolant. J’ai bien peur que depuis vendredi soir la liberté ne soit plus qu’une marque de yogourt… Mais j’ose encore rêver que non.
Ils n’ont pas tort les fédéralistes qui se réjouissent de la mort du cinéaste, car depuis hier, la cause de la liberté est maintenant presque éteinte… Il y a eu Bourgault et maintenant lui… La relève étant absente, je crains qu’il soit difficile d’assurer le suivit d’une cause restée pratiquement sans voix. Quoi que hier soir, d’entendre Ariane Moffat affirmer que plus que jamais, elle avait le désir de se battre pour la liberté et la survie de son peuple m’a envoyé tout plein d’étoiles dans le cœur.
Je n’ai jamais compris pourquoi les gens étaient si frileux, pourquoi ils craignaient tant ceux qui affirmaient leurs idées. Au contraire, il n’y a qu’eux qui méritent réellement notre respect, qu’on soit en accord ou non avec leurs discours. Ils sont importants ces grandes gueules car il n’y a qu’eux qui éveillent les consciences, qui réveillent les masses endormies et qui invitent des sujets à l’ordre du jour. Un monde sans pamphlétaires sans polémistes ou personnages plus grands que nature serait gris et terne… (Il le devient d’ailleurs) Je ne veux pas d’un univers monochrome… Hélas, il semble que c’est ce genre de vie dont la population rêve. La routine sans heurt et un écran plasma pour pouvoir regarder Le Banquier à sa guise en écoutant les voix sans âmes des académiciens. La vie est courte, elle passe et reprend, il faut la déjouer en la provoquant, en réagissant, en prenant des risques, on n’a jamais rien d’autre à perdre que la vie en fait. Falardeau rêvait d’un monde où les gens avaient l’espoir de se battre pour leur survie et d’une vie qu’on pouvait sculpter de nos propres mains comme tant de pays qu’on a le droit de se créer, de s’approprier.
Il disait: « L’important n’est pas de bien ou de mal en parler mais d’en parler »… Voilà! Et dans le meilleur des mondes de pouvoir en parler dans notre propre langue. Il y a un peu plus d’un an, ici même, je rédigeais cet hommage aux penseurs insoumis, pour ceux qui n’ont pas peur de prendre des risques, ceux qui cherchent à comprendre, qui vivent pour les autres et pas seulement pour eux-même… Les chercheurs de rêves, les déchiffreurs de mots… Ceux qui à coup d’essais et d’erreurs apprennent à marcher en tombant ici et là sur le parcours atypique de l’histoire du monde. Ils ne sont pas nombreux, le courage que tout cela demande est si grand que très peu d’êtres humains ont cet oubli de soi-même, cet altruisme, ce coeur, ce si grand coeur. Des « imagineurs » qui ont dans le regard cette petite flamme qui vacille, qui ne s’éteint jamais, même avec un oeil au beurre noir dans le plus profond de l’âme…
Falardeau était de ceux là, je connais très peu de ses détracteurs capable de semer le discours de Frantz Fanon aux quatre vents, de citer tous les grands auteurs et philosophes… Tout comme je connais très peu de fédéralistes capable de comprendre ce qu’est la survie d’un peuple…Ce que c’est que de devoir se battre à tous les jours pour exister. Falardeau ne se battait pas que pour la survie du Québec, il appliquait ses principes d’égalités à tous les peuples opprimés vivant sur cette planète. Rêver de liberté à coup de mots, de créations et de plumes… On sait tous que tous les terroristes du monde utilisent ces moyens pacifiques…
En fin de semaine ce n’est pas qu’un intellectuel que le Québec a perdu, c’est un grand artiste, un réalisateur brillant, touchant comme on en a plus beaucoup ici. Il en mangeait du cinéma, il s’est battu toute sa vie pour obtenir le droit de faire les films qu’il voulait sans jamais faire de compromis. Son oeuvre est immense, de larmes en prises de consciences, d’éclats de rires en dénonciations de colères qui dansent avec la vie, avec le réel, avec toute la passion du monde mais également avec tout le savoir faire du monde et toute la sensibilité du monde, dans chaque plan dans chaque réplique… Il ne faisait pas de film en fonction du box office, il faisait des films parce que pour lui c’était sa propre survivance qui passait par là, c’était son cri, sa jouissance, son salut.
Il y a de ces vides qu’on ne peut pas remplir, des espaces qui nous laissent sans voix. Vide social, vide artistique… Le cinéma d’ici est aujourd’hui, amputé d’un membre important, mais son oeuvre est désormais immortel (tant qu’il y aura des gens qui sauront comprendre la langue de ses personnages…) Aujourd’hui, j’ai envie de crier, de sortir ma plume, mais avant tout, je voulais saluer le départ d’un être humain comme il n’y en a plus.
Miron n’est plus…
Bourgault n’est plus…
Félix n’est plus…
Pauline n’est plus…
Aujourd’hui Pierre n’est plus…
Il y a une chose que ces vides me confirment à chaque fois, une certitude aussi sublime qu’une pleine lune de printemps, c’est qu’il faut continuer à se battre… Je ne sais pas où ils sont maintenant, mais le chemin qu’ils ont mis une vie à défricher doit être dès aujourd’hui, le terrain sur lequel nous construirons les bases d’un pays libre, libre de géographie, libre de droit, libre de langage et surtout et avant tout: libre de penseurs…
Salut Pierre!
MFL
Heureux anniversaire Madeleine… (réédition)
•17 septembre 2009 • 5 commentairesAujourd’hui étant le 85 ième anniversaire de naissance de Madeleine, (plus communément appelé Grand-Maman) j’ai eu envie de profiter de cette occasion afin de rééditer le texte que j’avais écris pour elle, ici même, il y a un peu plus d’une année… Alors juste pour toi grand-maman…

« Elle aura 84 printemps. D’une saison à l’autre les choses n’ont pas toujours été simples pour elle. La vie est une valse ouverte et imprévisible, capable d’invoquer, d’apaiser de bouleverser chaque petit moment d’existence. Exister est un privilège, pas un droit. Mais le prix est souvent élevé. Trop souvent, les épreuves sont injustes. La liberté n’est qu’illusoire, si elle ne s’inscrit pas d’emblée, il faut savoir l’inventer, se la créer, savoir esquisser les lignes de sa propre liberté. être en mesure de la reconnaître dans les coins sombres de la solitude, dans les clairs-obscurs d’une vie bien souvent indocile et insoumise aux volontés humaines de l’insurrection silencieuse, de celles qui savent résister. Quelquefois, il faut savoir accepter… J’ai toujours craint plus que tout au monde la résonance du mot « résignation » quand il était questions d’acceptation. Peut-être qu’il me faudrait apprendre à isoler les mots, à ne pas les confondre, peut-être que d’accepter c’est tout simplement de continuer à avancer… « Le dur désir de durer » dirait Paul Éluard.
Je m’égare…
De mon côté, je me triture le cerveau à coup de questionnements inintéressants, je recule plus que j’avance, j’hésite, je laisse mourir les heures, je cherche sans cesse, mais je ne trouve rien, j’apprivoise les idées noires. J’observe la fumée frôler l’éphémère, brûlant du coup mes dernières certitudes, derniers jalons de mon univers impossible…
Au cours de ses 84 ans de vie, elle a vu mourir tragiquement deux de ses enfants, sensation étrange et inimaginable pour qui ne l’a pas vécu. Drame incompressible, destin tragique, scénario qui en lui seul, renferme le pire, l’impuissance… Juxtaposé à cela, plus rien ne semble réel, tout s’envol vers le futile et l’absolu improbable.
Pourtant…
Pourtant, en fin de semaine, elle m’a dit à quel point elle trouvait dont la vie belle. « La vie est tellement belle! » « J’aime la vie! » Moi je la trouve belle par l’émerveillement constant qu’elle m’apporte, pour cette chance que j’ai d’y participer… Les mots sont tellement simples qu’ils m’inquiètent…
La vie est simple, les chemins qui mènent au bonheur sont mystérieux, j’imagine que c’est comme la liberté, il faut l’inviter à danser aussi. Ces mots forment un cafouillage hallucinant dans ma tête depuis, ils m’obsèdent… Je vais essayer de miser sur l’imprévisible heureux.
Je ne savais pas quoi lui répondre, je lui ai souris… Comme je l’aime, merci de m’avoir transmis autant de folie! »
MFL
(Photo souvenir illustrant bien mon propos: Mado, prenant des cours de batterie à la fin d’un party (vers 7h du matin!!!) janvier 2008, de quoi faire sourire Danny son professeur de musique!)
Cerises de terre…
•28 août 2009 • 2 commentaires
Y’a un parfum de basilic qui flotte dans l’air… Légèrement épicé, avec une touche de piment fort. Une effluve de marché, certes, mais une odeur de rentrée avant tout. Des pommes et des pommes dans des boîtes à lunch, des jours d’angoisses, de surprises et d’espoirs, des regards effrayés d’autres abandonnés, certains fébriles, des crayons affutés, des chaussures neuves, des flash back et des lundis soirs sombres. Sur les trottoirs les gens s’entrecroisent, les pas sont plus rapides, certains sont hésitants, les routes n’ont plus de traces de vacances dans leur achalandage. Des heures matinales, des émissions de radio et des réveils matin qui chantent. Parfois, j’ai le sac à main nostalgique. Cette année c’est ma première « non rentrée » à vie. Un premier été sans escale, pas de chaussures neuves (Ah! Si au fait, des mauves!) pas de nouveaux horaires, pas de nouveaux défis, pas de feuilles blanches à dessiner, pas de bouquins à surligner, pas de fin de session, niet… Qu’une absence de…
Y’a des passages plus difficiles parfois… Je vais aller m’acheter des crayons de couleurs je crois… En attendant ma prochaine session!
MFL
Toile: Jardin d’automne Vincent Van Gogh
Lézard interactif …
•15 août 2009 • 8 commentaires
Lézard virtuel, interactif, tendre musique de mon enfance, sous des champignons qui poussent et des étoiles qui rendent immortel. Un plombier à la rescousse d’une curieuse princesse et des attaques de tortues marteaux. J’ai la nostalgie chaude ce samedi. Une nostalgie tranquille, j’erre dans des tuyaux verts et je regarde les framboises pousser tranquillement au rythme du virtuel. Le vin blanc réchauffe autant qu’il euphorise l’atmosphère ludique, symptomatique de ce jour d’hui. Il y a longtemps, dans le jadis des jours perdus, je me voulais héroïne de mes jours et stratège des univers merveilleux. Aujourd’hui, Mario délivre des princesses archaïques, au son d’une mélodie rassurante. Toujours la même princesse, mais quelques rides aux coins des yeux. Regard peut-être esquissé par l’alcool et les les délires adolescents, mais toujours absorbé par le même bonheur du jeu pour le jeu. On me disait: « à quoi on joue? » et la folie des mondes imaginaires s’en mêlait, pas de dieux sanguinaires, pas de temps perdu, juste de l’instant présent, présent, investi comme il ce doit, à découvrir le monde. Adulte, on se moque de mes légumes virtuels et de mes champs de lavandes, et de mes heures mal investies… Mais ces heures passées en bonnes compagnie ne sont-elles pas les plus merveilleuses, celles qui font sourire, celles qui font en sorte que l’adulte devenu reprend contact avec les joies de l’enfance?? Demain matin, je grignoterai des croissants, café à la main en plantant quelques pousses de blé. Le soleil sera encore plus dans le jeu et juste un peu moins dans le ciel. Je ne serais jamais totalement « Zadulte ».
Oui la nostalgie se perd…
MFL














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