Version noire sur tableau blanc…

•2 juillet 2009 • 4 commentaires

Ils tonnerrent, ils s’attachent aux mats des tentations pour éviter d’y succomber. Mais ils ne vivent pas. Ils planent entre le vide et la mer. Trop heureux pour penser, trop triste pour voir qu’il y a le monde qui les entoure. Le regard focus le miroir de leur seule existence, de leurs seuls drames de leurs uniques reflets. D’une singularité égoïste ils craquent pour le charme dangereux des gourous de l’illusion, ils menacent des vies pour leur plaisir d’être l’unique vérité. Parcelle d’orage dans un univers démocratique. Changement de ton. S’ils n’y étaient pas, il n’y aurait plus de monde. Ils oublient encore la deuxième version? Et si cette version décriée était la bonne? En définitive? J’ai une envie folle, irrésistible de dire noire quand tout le monde dit blanc.

MFL

(Mark Rothko: sans titre, 1969-1970)

Canadiens, Canadiennes…

•1 juillet 2009 • 7 commentaires

Canadiens, Canadiennes

En ce jour important pour tous les canadiens et toutes les canadiennes d’un océan à l’autre, j’ai le plaisir  de vous faire part d’une très bonne nouvelle!

En effet, aujourd’hui, le premier juillet de l’an 2009, en ce jour pluvieux,  le Québec DÉMÉNAGE!

Ah, ais-je encore le droit d’y rêver…

MFL

scène de fleur sur ma peau…

•30 juin 2009 • 7 commentaires

fleur dlp

Je consens, improbable dans mon abnégation et furtive dans mes compliments. À fuir, à avaler des mers de doutes. Y’a Perreau dans mes oreilles. Comme dix milles mots, comme des spasmes dans les pieds. Y’a des mots qui m’échappe, des thèmes qui restent coincés, qui se chuchotent seulement. Je me tais quand je devrais crier. Je reste silencieuse. Comme paralysée par une araignée qui rancune ses attaques, comme une ribambelle de réel dans tout mon corps. J’en veux toujours plus. J’enfle. Ça tourne encore. Ni négatif, ni positif. Je me souhaiterais bleue comme la nuit, folle comme la sagesse et isolée dans mes îles.

MFL

Croc Oh! Idylle…

•17 juin 2009 • 6 commentaires

croc...

Des aveux, des dieux

Des larmes, dépossédées

Une messe promise

Tenue

__________

Un ongle

Plante-thé

Dans la chair

___________

Perforation

Trouée de peau

Traces lacérées

__________

Sac de paille

Siècle empaillé

Sans mort

Sur

__________

Et danser

dents

Ses bras

Et dormir

dans ses nuits…

__________

MFL

Souffle de cendre…

•16 juin 2009 • 3 commentaires

IMG_0885_2

Alors que la lune respire des sphères de frustrations involontaires, la couleur des heures se reflète dans l’espace intangible de l’ombre froide. Il y a un vent de matin qui se trace un chemin de la fenêtre à mes draps de nuit. Un souffle frais, à même le soleil du jour, qui chuchote à ma peau endormie des promesses de rêves en poursuite. Des rides endormies parfument des nids au coins des mes yeux, fermés. Un réveil sans musique, un surgissement sinueux, silencieux. Tranquille. Puis, dehors les volutes grises de la braise s’envolent toujours en une douce fumée, comme un souvenir d’instant incendié, brulé.

MFL

Sélection naturelle…

•15 juin 2009 • 28 commentaires

sélection-naturelle

Hier, il y avait cette petite bête qui du font de son emballage Saran me lançait des petits regards de détresse en occupant ses courtes pattes à  tracer un chemin dans le styromousse de ce cercueil exigu. On est humain, pourtant on est toujours la petite bête qui se meurt, emballée vivante dans la dure réalité de la vie. Le vilain n’est pas toujours le chasseur. Certains animaux n’ont pas le talent d’éviter les pièges. La sélection naturelle dirait Darwin.

Un ami m’a dit dernièrement que si un enfant innocent mourrait, décapité par une balle perdue pendant une guerre, que c’était simplement qu’il n’était pas assez fort pour s’en sortir ou la preuve que ses parents n’étaient pas fait assez fort pour mettre leur progéniture à l’abri afin que la famille survive à tout ça, donc, qu’au final, il ne méritait pas de survivre… Discutable… Très même, mais simplement au niveau de la morale, car du point de vue de la morale je doute qu’un enfant “MÉRITE” de mourir, et ce, sans aucune exception. Mais en théorie si on enlève le concept de “mérite”, on se rapproche incontestablement du pourquoi dans la réalité même de la vie, cet enfant n’a pas pu survivre. L’argent n’a pas de morale, voilà le problème.

Mais à l’enfant à qui on dit cent fois plutôt qu’une de faire attention à tel ou tel danger potentiel, et qui fait fi de l’argumentaire lassant et répétitif des parents, parce que finalement, il a sans doute aussi besoin d’apprendre de ses erreurs pour continuer à avancer, à cet enfant, quoi lui dire lors qu’il tombe? Lorsqu’il se brûle? Lorsqu’il se fait mordre? Est-ce que lui dire que c’est la faute du gros méchant piège et qu’il faut abolir tous les méchants pièges afin de continuer à évoluer dans le monde les yeux fermés est la meilleure solution? Est-ce lui rendre service? Vaut-il mieux lui expliquer pourquoi il est tombé ou le plaindre en lui disant à quel point le monde est cruel? Je cherche. Les vents communs me font peur, car trop souvent les vents communs sont dépourvus de toute logique. Je n’arrive pas à savoir si cette image traumatisante du homard sacrifié est la bonne image que je dois m’en faire, car on le sait, il existe toujours deux versions à chaque fois. Parce que dans les faits, j’ai surtout peur de me mettre à penser comme la masse. Voilà le piège que je tente d’éviter.

MFL

Expression…

•7 juin 2009 • 8 commentaires

cafe_

Ce qui me manque:

cette odeur décaféinée, ce parfum excitant aux arômes de torréfaction matinale

Ce nectar euphorisant, rassurant, enivrant

ce bol blanc d’un réveil traquille

avec un sachet de bonheur et un filet de lait de  promesse d’une journée hasardeuse…

Jamais le ronronnement bruyant et régulier de la filtre ne me le rendra…

MFL

Lutinerie…

•3 juin 2009 • 4 commentaires

lutin

Il y a un lutin qui se ballade dans ma vie…

N’est-ce pas fantasmagorique?

MFL

Déresponsabilisation, déshumanisation et exploitation d’une génération…

•2 juin 2009 • 22 commentaires

Exploitation

Vous connaissez ces « résidences » pour personnes « du troisième âge » ou personnes retraitées, qui poussent plus vite que des condos sauvages ces dernières années? Des havres de paix, où l’on stocke, apparemment dignement, nos personnages âgées. En réalité on fait mieux que cela, on les attire avec des bonbons et du sucre et finalement, ils choisissent eux-mêmes d’y élire domicile, ce qui déculpabilise les familles qui n’ont plus la tâche ingrate de devoir les y placer. Si c’était seulement ça.

Des entrepôts à vieux, dans des bulles de verre. Des halls d’entrés en marbre, des lustres en cristal, des palmiers de 5 mètres de haut, des jardins, des piscines dans des vitrines, un endroit où, il fait bon vivre, des endroits rassurants, et sécuritaires, où tous les services sont offert sur place. Bref, des microcosme organisés, des guettos, où l’on apprend tranquillement à fuir le monde réel. Mais que se cache-t-il sous ces apparences de luxe et d’opulence malsaine? Des appartements de la taille de souris anorexiques, des vieux tapis pleins de poussière, pas d’air conditionné, des rues de marchettes et de chaises roulantes, des corridors sombres, enlignés, oubliés. Je regarde ça, et j’ai envie de pleurer, je rage de voir les prix astronomiques qu’on arrache à nos aînés pour vivre dans des endroits qui sont d’une tristesse infinie. Des tours, des gratte-ciel, des villes complètes de personnes âgés qui craignent le soleil.

Salon de coiffure, infirmerie, salle de spectacle, gym, dépanneur… Services utiles, soit, mais si on prend le temps d’y réfléchir un peu, ça “désautonomise” tranquillement les gens. Il faut peu de temps pour que les nouveaux résidents qui était très autonomes encore, s’assimilent à ce mode de vie, et finissent après peu de temps, par ne plus jamais avoir besoin de sortir, par ne plus jamais avoir besoin de prendre de décisions, on charge le gros prix pour les loyers en prétextant une multitude de services, mais ils ne sont pas gratuit ces services, les proprios finissent tranquillement par mettre la main sur l’intégralité des revenus des résidents en allant chercher tous les sous qui n’étaient pas compris dans le loyer. Exploitation, exploitation, exploitation… On leur fournit un autobus pour les amener dans une épicerie unique et obligée, je ne serais pas étonné que les proprios aient une cote en remerciement d’une clientèle fidèle et nombreuse.

Et les activités, comme si en 2009, l’intégralité des personnes âgées ne vivait que pour le bingo et les spectacles hommages à Fernand Gignac, S’il y en a pour tous les goûts dans la société, pourquoi faut –il qu’on uniformise le divertissement avec des idées préconçues, archaïques et aliénantes? Et surtout, pourquoi personne n’ose s’insurger? Demander plus, plus de variété, plus de découverte, pourquoi avec les mois, l’idée d’attendre la mort devient la seule véritable activité journalière? Une personne qui a 65 ans en 2009 est née en 1944, elle a grandi avec Elvis Presley et le rock ans Roll, puis avec les Beatles, elle avait 25 ans lors du Bed In de John et Yoko à Montréal, elle a connu les Rollings Stones, possiblement écouté Led Zeppelin, Harmonium… Elle a élevé des enfants, voyagé, visité l’expo en 67, découvert le monde… Alors pourquoi?

On déshumanise les gens, on les déresponsabilise, on leur apprend à devenir les pions d’un système dans lequel ils finissent par oublier qui ils sont, qui ils ont été. On tue les espoirs et les rêves. Plus de place aux hasards de la vie et aux rencontres fortuites, non, on marche sur le plancher de marbre de l’indifférence, on fait payer aux locataires des travaux d’entretien qui devraient être défrayé par les propriétaires. C’est purement et simplement criminel. Mais après quelque temps dans un vase clos, les gens en oublient leurs droits, tranquillement ils en oublient de penser, et en peu de temps ils deviennent vieux, et c’est à mon avis le pire. Pas de vieillir, mais de devenir vieux à 60 ans.

Ils en oublient même leur droit de sortir dans le monde réel, puis tranquillement la peur du vrai monde s’installe, sournoisement, et une génération complète se met à craindre de rencontrer des enfants, des adolescents. Le tout sous l’œil approbateur et compatissant de médias et de réseaux comme TQS et TVA qui deviennent leurs seuls amis, leur seul regard sur le monde et où on leur confirme qu’ils ont raison d’avoir peur.  À quand des tournées de Star Académie dans les résidences pour aînés?

J’aurais envie de crier mon indignation, je rêverais presque qu’une émission comme J.E ou la Facture s’empare de ce dossier et dénonce publiquement toutes les exploitations dont sont victimes les résidents de ces maisons dont le seul but est de s’enrichir aux dépends d’une population vieillissante. De s’enrichir en prenant jusqu’au dernier centime de ce que les gens ont travaillé toute une vie pour obtenir, pour s’assurer une fin de vie paisible à l’abri de tout souci.

Une prison à beau être en marbre, ça demeure une prison.

Une cage à beau être en cristal, ça demeure une cage…

Et que fait-on avec les gens qui ont donné toutes les économies d’une vie dans ces résidences et que, parce qu’ils ont vieilli trop longtemps, n’ont plus un sou pour pouvoir continuer d’y vivre? Eh oui, on les place des CHSLD aux frais de l’état où ils finiront leurs vies, comme des animaux de cirques qui ont fait leur temps.Triste destin.

On leur vend du rêve, tranquillement ils se retrouvent dépendants, floués, et plus du tout autonome! C’est drôle, je donnerais pas mal la même définition à une secte.

Je ne souhaite qu’une chose, c’est que la génération vieillissante ne tombe pas dans ce panneau, et que toutes ces résidences se mettent à tomber une après une.

Vieillir devrait être un privilège et non une déchéance, du moins quand la santé est au rendez-vous.

MFL

Allergique au marbre façade de l’exploitation humaine

Retour dans le passé…

•27 mai 2009 • 4 commentaires

9mpicassojuin061

Lorsqu’on quitte rapidement une vie au moment d’une grande tristesse, comment faire pour, lorsqu’on doit y revenir, ne pas devoir la reprendre là où elle avait été abruptement interrompue??

Comment faire pour ne pas replonger au cœur du même chagrin?

Et pourquoi les grandes peines nous attendent-elles dans nos repères tranquilles?

Pour nous obliger à les vivre dans leur intégralité?

Cruelle solitude

MFL

Dessin: Picasso Nu assis, ( esquisses 1928)

Suite dorique…

•20 mai 2009 • 9 commentaires

triglyphes

Il y avait toi de l’autre bout de ma vie qui n’existait qu’en silence, qui ne respirait que des aires musicaux jamais assouvis. Aux mythes de la logique des temples exaltées de rencontres fortuites,  jamais déterminées, j’ai ajouté celui des “peut-être” et des “et si” qui parfument encore les jours froids de cette explosion permanente de mon cœur en tempête. Par un hasard d’enchevêtrement de triglyphes succédant à la découverte des sens, j’ai pêché des fleurs inconnues dans le jardin boisé des souffles de choreutes, qui en choeur parlaient au nom des Dieux. Hier il n’y avait que le message, aujourd’hui, il y a plus, il y a la vie, et les papillons roses qui s’envolent dans les arbres pour y faire leurs nœuds.

MFL

Aujourd’hui…

•15 mai 2009 • 9 commentaires

I-_2

Aujourd’hui, jour pour jour, ça fait 80 ans que ma grand-maman découvre le monde. environ 28 800 jours, 80 printemps et Oh combien de tempêtes de neige, de jour de pluie et de grand vents. J’ai toujours dis que vieillir était le plus beau cadeau que pouvait nous faire la vie, que de chance , que dis-je, quel privilège que de pouvoir jour après jour regarder vivre ses enfants, apprendre à connaître ses petits enfants et même de faire connaissance avec ses arrières petits enfants. Traverser la vie en santé, amoureux de la vie, le cœur ivre de plaisirs sucrés et de projets toujours actuels.

Aujourd’hui, j’ai envie de dire à ma grand-maman à quel point je l’aime et que je suis heureuse qu’elle soit aussi présente dans ma vie depuis toujours. On en a passé des beaux moments ensemble elle et moi, on a eu et avons toujours des discussions magiques, drôles, parfois tristes, parfois contestataires, car ma grand-maman est une femme de valeurs, d’idées de principes, une anarchiste socialiste! Une féministe avant-gardiste! De celle qui ont révolutionné la vie, la mienne, celle de mes proches et assurément celle de mes futurs enfants.

Aujourd’hui, en pleine crise économique, 80 ans exactement après la crise de 1929, j’ai envie de dire qu’on peut passer à travers la vie, en traversant chaque crise, chaque contretemps sans tomber, il ne suffit pas de survivre, il faut vivre simplement. Et surtout ne jamais arrêter de croire, de rêver d’espérer.

Aujourd’hui, je lève mon verre, à ma grand-maman que j’aime, à sa santé et à toutes ces années qu’ils nous reste à partager encore, aux folies qu’on fera, aux histoires qu’on se racontera, au secrets qu’on se partagera! De délires en délires de rires en rires, de chocolats en chocolat…

à la magie du monde!

Heureux 80 ième anniversaire de vie grand-maman!

MFL

Je papillonne…

•30 avril 2009 • 5 commentaires

img_0578

Verdissement tendre à la cime des bosquets, bourgeonnant à la tombée des saules en pleurs. Petites larmes de printemps, douces et enivrantes comme un frôlement dans la nuit, comme une heure qui s’étire vers la chaleur. L’ivresse étourdissante de la sève se parfume d’érable, de chlore, de lumière rose,  de promesses de demain et de maintenant, de moins en moins de hiers noirs et de temps assombris. Je m’augure, euphorique, transmutée, et heureuse, captant des ondes rebelles à l’aube du réel de ce jadis virtuel. Les petites bêtes à plumes qui volent dans le ciel, ont tous un parchemin de bouleau dans leurs becs, griffonné de mille étés, et signé par le même rêve, celui qui se joue en commun.

MFL

camaïeu…

•24 avril 2009 • 4 commentaires

Du jaune sur les doigts, du rouge sur les mains, des pinceaux dans les cheveux, je me promène sur la toile bleue qui danse avec le sol. Je recherche des méandres colorées dans le bagage des souvenirs des temps passés. Je ne rêve que du noir et du blanc et de lignes tranquilles, je gruge une mouvance de nuances ocres, évanouies. Elles ne s’imposent plus, je dois me tuer à les superposer. Rien n’est jamais rose. Mais il y a des nuances.

MFL